Album de famille


Thépadès Fistadelli

Thépadès est né non pas au Premier Age comme le laisse l'entendre la rumeur, mais il y a près de sept décennies, dans une petite ville du nom de d'Hartaifak. Hameau tranquille, ses principales activités étaient l'agriculture et l'élevage; c'était également un centre commercial relativement important dans les environs. Mais ce n'était ni ses légumes frais ni sa place du marché bien garnie qui faisait sa renommée, mais plutôt sa Demeure des Dragons. Ce grand bâtiment de pierre à trois étages servait d'asile à quelques hauts-rêvants qui y confectionnaient de prodigieux objets tenant de l'art de Narcos, et on venait de loin, et même d'outre-rêve, pour se procurer qui une arme magique, qui une philtre d'amour, qui un béton qui faisait pleuvoir. Puisque que les hauts-rêvants contribuaient au tourisme et à la richesse de la ville, ils y étaient relativement bien tolérés, bien qu'il ne fallait pas grand chose pour faire tourner l'humeur des habitants. Thépadès devait l'apprendre à ses dépends...

Thépadès eut une enfance assez heureuse (oui, il a déjà été jeune) malgré la discipline stricte que lui imposaient ses deux parents. Enfant sage, il s'intéressait à tout et désirait ardemment apprendre à comprendre le monde qui l'entourait et surtout ce bizarre concept d'univers rêvé par les dragons. Mais personne ne voulait lui apprendre de telles choses et il prit l'habitude de rôder près de la Demeure des Dragons pour observer les pratiques étranges des Hauts-Rêvants. Ses parents n'appréciaient pas ses petites escapades et il se faisait souvent gronder pour être arrivé en retard à la maison. Par chance, il pouvait se confier à son ours en peluche, Yoki...

Un bon jour, apparut dans la ville un étrange personnage habillé d'une robe d'un bleu soir. Ce vieil humain dit s'appeler Zanirgayanouast Nacoléos, Zan pour les intimes, et il offrit ses services comme professeur à un enfant qui voudrait connaître les arcanes de la magie. Mais attention, le postulant devrait avoir le don de Haut-Rêve. Il fit le tour de la ville et le seul qui démontra de telles habitudes fut, bien sûr, Yoki... Ben non, voyons, c'était Thépadès, ça va faire, les nounours hauts-rêvants! Même si ses parents étaient fort réticents au début, le fait de savoir que leur fils avait un don et qu'il était le seul de la région à le posséder fit pencher la balance en faveur de l'enfant et Thépadès put apprendre à méditer sur la nature de l'univers créé par les Dragons sous la gouverne de Zan.

Thépadès passa de longues années à étudier les écrits anciens, à suivre les cours de Zan sur divers sujets et à apprendre la méditation draconique. Le reste de son enfance, toute son adolescence et une partie de sa vie d'adulte furent consacrée à son apprentissage. Jamais il ne sortait, jamais il ne s'amusait, toujours il avait le nez plongé dans ses livres. Un jour, ce qui devait arriver arriva, le vieux Zan ressentit une fois de plus l'appel du voyage et quitta la ville, laissant sa place à Thépadès. Thépadès, même s'il était triste de voir partir son maître, ne voulait pas quitter sa ville natale et commença à enseigner l'art du Haut-Rêve à son tour.

Un jour, une jeune femme nommé Thérébente, plutôt jolie de sa personne, se présenta à la Demeure des Dragons. Elle présentait le Don si particulier qui permettait le Haut-Rêve et elle demanda à Thépadès si celui-ci voulait bien lui enseigner. Le jeune mage ressentit à cet instant une émotion bien particulière qui ne l'avait jamais frappé auparavant, lui d'habitude si discipliné: l'amour... Il tomba immédiatement amoureux de la jeune femme et s'empressa d'accepter de lui prodiguer son apprentissage. Thérébente apprenait rapidement et il arrivait à l'élève et à son maître d'entretenir des moments disons... plus intimes... Jusqu'au jour où le mari de Thérébente (car elle était mariée même si Thépadès n'en savait rien) s'interrogea sur les absences prolongées de sa femme. A ce moment-là, Thérébente et Thépadès avaient habitude de se rencontrer dans une vieille auberge abandonnée au bord d'une route peu utilisée aux abords de la ville. Le mari les suivit et découvrit le pot aux oniroses... et il s'ensuivit une altercation des plus énergiques. Thépadès finit par pouvoir sauter par une fenêtre pour échapper aux coups du mari humilié. Quelle ne fut pas sa surprise lorsque, quelques secondes après sa chute, le bâtiment disparut comme par enchantement! Mais où était donc passé l'Auberge des derniers voyageurs? Ca, c'est une autre histoire...

En attendant, Thépadès revint à Hartaifak. Il croyait pourvoir oublier ses déboires, mais la disparition de la jeune femme, de son mari et de l'auberge avait mis la puce à l'oreille des habitants et bientôt, toutes sortes de rumeurs se mirent à courir sur "Thépadès, le lanceur de malédictions" qui aurait fait disparaître Thérébente et son mari parce que la jeune femme avait refusé ses avances et que l'homme en avait eu vent. Thépadès supporta stoïquement les vilains ragots sur son supposé caractère de coureur de jupons jusqu'au jour où, excédé, il échappa une bourde monumentale en disant: "Ce que vous dites est un mensonge! Thérébente avait accepté mes avances!" Comprenez-donc pourquoi il s'est fait jeter en dehors de la ville...

Revanchard, Thépadès décida qu'il donnerait raison aux villageois et que, s'il avait passé une adolescence sage, désormais il s'amuserait: à lui la musique, le voyage, le vin et les jolies demoiselles... Même s'il a vieilli depuis et qu'il s'est (un peu) assagi, il arrive encore à Thépadès de vouloir s'amuser un bon coup, même si, maintenant, la connaissance du Rêve des Dragons a la préséance.


Crédits

Sébastien Savard

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