Yspahan

Posté le 20.06.2007

J'ai acheté Yspahan parce qu'il avait de bonnes critiques, mais aussi un peu par patriotisme. Je ne connais pas personnellement Sébastien Pauchon, mais, après tout, ce n'est pas si souvent qu'il y a un jeu d'un Suisse qui est édité. Et puis, sur les talons de Caylus et de Mykerinos, j'avais un a priori positif pour les jeux d'Ystari.

Si je vous dis tout ça, vous vous doutez bien que c'est parce que le résultat n'a pas été à la hauteur de mes attentes...

Sans entrer dans le détail des règles, disons qu'Yspahan est avant tout un jeu de gestion et de majorité, mais plutôt léger par rapport à des Fürsten von Florenz ou autres El Grande. L'élément le plus sympa du jeu est la détermination des actions qui seront disponibles ce tour-ci. Ces dernières sont au nombre de 6: recevoir des chameaux, recevoir de l'or ou poser des pions d'influence dans un des quatre quartiers de la ville. Au début d'un nouveau tour, le premier joueur lance 9 dés (à 6 faces) et les groupe par valeur. Le groupe avec la valeur la plus basse va dans la case "chameaux". Puis, par valeur croissante, viennent les cases de 4 quartiers, puis enfin de l'or, sachant que cette dernière case doit toujours être remplie. Autrement dit, si toutes les valeurs ne sont pas sorties, il y aura des quartiers qui ne seront pas accessibles ce tour-ci. Plus le quartier est "élevé" dans la liste, plus il risque de ne pas être disponible tour après tour. Logiquement, les quartiers sont aussi de plus en plus petits: il y a moins d'opportunités de s'y placer, mais ils sont plus facile à posséder et ils rapportent plus de points. Le premier joueur choisit une case (et donc une action) en premier, puis les autres joueurs suivent. Le nombre de dés dans la case indique la "force" de l'action (nombre de chameaux ou d'or reçus, nombre de pions d'influence à placer). Alternativement à l'action de base, il est aussi possible de prendre une carte ou de bouger l'intendant.

Et c'est là que ça se gâte: l'intendant peut retirer des pions d'influence d'un quartier et les envoyer vers la caravane. Remplir la caravane fait bien marquer des points, mais pas toujours autant que si l'on avait pu garder l'influence dans le quartier. La caravane peut donc être jouée activement afin de gagner des points ou, au contraire, pour embêter un joueur qui essaye d'avoir une majorité. Mais ce mécanisme sent l'ajout ultérieur et nous avons eu de la peine à l'exploiter. Tout au long de la partie, il nous a semblé bien étranger, une complication inutile. D'un autre côté, sans caravane, le jeu serait bien simple et manquerait de profondeur. Bref, nous avons tous eu l'impression d'avoir raté quelque chose.

Le mécanisme des dés est très original et donne envie d'aimer Yspahan pour rien que pour cela. Les autres mécanismes nous ont laissé perplexes et il est certain que la part de hasard introduite par les dés en fait un jeu moins stratégique qu'il n'y paraît. C'est plus un jeu d'opportunisme et, si un joueur a trop de chance, la partie est vite déséquilibrée, ce qui a malheureusement été le cas. Bref, je suis mitigé, mais j'ai quand même très envie d'en refaire une partie pour voir si les même schémas se reproduisent. Si c'est le cas, Yspahan risque bien de disparaître de mes étagères, mais, pour l'instant, je réserve mon jugement.