Through The Ages

Posté le 22.03.2016

Through The Ages, de Vlaada Chvátil, est ce qu'on pourrait appeler un putain de gros jeu, si vous me passez l'expression. Par gros comme à l'époque, quand j'étais jeune, que j'avais encore des cheveux et que "gros" voulait dire toute la nuit, voire plus si affinité. Mais clairement gros selon les standards actuels, que ce soient ceux du marché ou ceux des joueurs moins jeunes avec moins de cheveux.

Through The Ages est un jeu de développement de civilisation qui donne un sentiment de jeu proche de celui que l'on ressent avec Civilization sur ordinateur. A part les combats, tout y est: leaders, développements technologiques, population à nourrir et à rendre heureuse, merveilles à construire. Les hostilités entre joueurs prennent la forme de cartes d'agression ou de guerre, qui permettent de ponctionner à l'autre diverses ressources, pour autant que l'on ait la supériorité militaire. On s'abstrait ainsi d'une quelconque carte du monde sur laquelle on déplacerait des pions, et cela fonctionne très efficacement.

Le jeu en lui-même est très fluide et la prise en main se fait assez facilement malgré l'abondance des notions à apprivoiser. Il y a des phases d'administration qu'un joueur peut faire après avoir déjà passé la main au suivant, ce qui accélère un peu la partie. Toutefois, le jeu reste long, car de nombreux tours s'enchaînent jusqu'à l'épuisement de la pioche qui signale la fin de la partie. Il faut compter plutôt quatre heures que deux, et espérer ne pas se retrouver avec des joueurs trop lents à la table.

J'aime beaucoup Through The Ages et ses divers mécanismes, mais avec un gros bémol: la force militaire est un élément capital, ce qui limite, à mon sens, la diversité stratégique potentielle du jeu. Un joueur militairement faible va non seulement subir des agressions et des guerres, mais être aussi souvent la victime des événements. Il n'aura pas non plus la possibilité de coloniser de nouveaux territoires, ce qui va le priver de ressources supplémentaires. On pourrait s'attendre à ce que les investissement faits ailleurs, compensent ces inconvénients. Dans mon expérience de quelques parties, ce n'est pas le cas. C'est une grosse faiblesse, qui n'a été que partiellement corrigée dans la quatrième édition.

Cela ne va pas m'empêcher de jouer encore à Through The Ages, mais l'expérience aurait pu être encore plus satisfaisante de mon point de vue. Reste la possibilité de jouer avec la variante pacifique…