Taj Mahal

Posté le 20.01.2007

J'avais raté Taj Mahal lors de sa première parution, chez Alea. D'autres jeux avaient sans doute détourné mon attention. Par la suite, j'en ai lu beaucoup de très bonnes critiques, mais il était épuisé chez Alea et d'autres jeux encore venait atténuer le regret de ne pas avoir celui-là. Sa récente réédition m'a plus que titillé et j'en ai fait l'acquisition. Il a été étrenné hier soir.

Taj Mahal est avant tout un jeu d'enchères. Le jeu se joue en 12 manches (censées représenter un voyage au travers des 12 provinces de l'Inde du Nord), pendant lesquelles les joueurs essayent d'acquérir des majorités dans l'une ou l'autre des six sphères d'influence (sociale, religieuse, militaire, politique, gouvernementale et commerciale). Toute majorité décrochée dans l'une de ces sphères mène à un gain, soit directement en point de victoire, soit en d'autres avantages.

Les enchères se font par le biais de cartes, en accumulant des symboles correspondant à l'une des six sphères d'influence. De manière similaire au poker, on joue chacun son tour, avec le choix de surenchérir ou de se coucher. La grande différence est qu'un joueur qui se retire ne perd pas tout: s'il détient une ou plusieurs majorités à ce moment-là, il les remporte et elles ne sont plus accessibles aux joueurs restants. Ceux-ci, par contre, peuvent continuer à se battre pour les autres sphères d'influence. La donne a alors souvent changé, car le joueur qui s'est retiré pouvait très bien avoir des mises dans ces autres sphères, même si ce n'étaient pas celles qu'il visait, car la plupart des cartes portent deux symboles différents.

Taj Mahal est un mélange étonnant et détonnant. D'une part, tout semble sous contrôle, puisque les gains possibles sont connus de tous, les positions sur le plateau sont bien visibles, les gains sont enregistrés sur une piste de score et la plupart des cartes que chacun pioche proviennent d'une réserve face visible. D'autre part, les enchères, comme toute bonne partie de poker, sont parfois imprévisibles. Tantôt on se retrouve dans une lutte sans merci et parfaitement imprévue avec un autre joueur sans qu'il y ait eu une véritable volonté d'affrontement, tantôt on réalise un gain inespéré quand un joueur se couche à l'improviste.

Taj Mahal est donc en même temps calculatoire (car il faut quand même bien savoir pour quelle province on veut vraiment se battre) et très spontané. L'interaction entre les joueurs est très forte, puisque chaque carte jouée modifie la donne. C'est un jeu extrêmement bien pensé, un mélange de genre parfaitement jouissif, que je recommande sans réserve. Il me brûle d'en refaire une partie.