Saint Petersbourg

Posté le 28.01.2016

Saint Petersbourg est une réédition du bon vieux Sankt Petersburg, augmenté de six extensions grâce à un financement participatif réussi. Le thème du jeu, auquel il ne faut pas trop s'accrocher, est la construction de la ville éponyme. Les joueurs doivent recruter des ouvriers, construire des bâtiments et s'assurer les bonnes grâces des nobles.

Chaque tour de jeu est divisé en quatre phases. Lors de la première, on recrute de nouveaux ouvriers. Les ouvriers sont la principale source de revenu. A la fin de cette phase, chacun gagne 3 roubles par ouvrier (il existe des modifications). Lors de la seconde phase, on achète des bâtiments. Ces derniers rapportent essentiellement du prestige, parfois un peu d'argent (à la fin de la phase). La troisième phase est celle du recrutement des nobles. A l'inverse des bâtiments, ceux-ci rapportent essentiellement des roubles, parfois un peu de prestige.

Durant la quatrième phase, on peut acheter des cartes dites de remplacement. Ces dernières peuvent être aussi bien des ouvriers, des bâtiments que des nobles. Elles remplacent une carte que l'on a déjà achetée, apportant généralement des avantages supplémentaires. Cette phase possède une particularité qui la rend délicate: il n'y a pas de revenu à la fin. Il est donc facile de s'enthousiasmer et de dépenser un peu trop lors de cette phase, en oubliant que l'on passe ensuite au tour suivant, qui recommence avec l'achat d'ouvriers.

Ce système de revenu différent à chaque phase (et même absent à la dernière) fait beaucoup pour la tension d'une partie de Saint Petersbourg. Il faut toujours bien faire attention à quand les revenus tombent, pour ne pas être pris de court lors d'une phase donnée. C'est particulièrement critique avec la phase des ouvriers: rater un tour d'achat d'ouvriers peut vite s'avérer pénalisant, car on manque ensuite régulièrement de cash. C'est d'ailleurs un reproche que l'on pourrait faire au jeu. Il y a des points de décrochage, comme prendre du retard sur le recrutement d'ouvriers, qui ne rattrapent pas si l'écart devient trop important entre les joueurs. La partie devient alors bien ennuyeuse pour les retardataires.

Ce problème de décrochement force les joueurs à rester proches les uns des autres en termes de stratégie, ce qui est un peu dommage. Je dois dire que je joue surtout à deux, avec La Hija, ce qui amplifie clairement ce phénomène. Les ressources sont mieux réparties à plusieurs.

Les extensions sont très variées. Je n'en ai essayé qu'une seule jusqu'ici, "Le Marché". C'est l'extension la plus importante, qui modifie fondamentalement le jeu en ajoutant une cinquième phase, qui vient se placer juste après le recrutement des ouvriers. Dans cette phase, les joueurs peuvent acheter des marchandises et faire évoluer leur cours sur le marché. A la fin de la phase, une évaluation pour chaque marchandise (cinq au total) donne des points de victoire. Comme pour les ouvriers, négliger le marché peut faire mal, en tout cas à deux.

J'étais fan de Sankt Petersburg et je le suis resté. Et avec d'autant plus de plaisir, au vu de la belle qualité de cette nouvelle édition, sans parler de son contenu, augmenté de tant d'extensions. Le marché est particulièrement bienvenu. Outre d'amener une certaine diversité dans les stratégies, il permet de jouer jusqu'à cinq joueurs plutôt que quatre. Je suis curieux d'essayer les autres extensions, je vous en reparlerai à l'occasion.