Navegador

Posté le 31.01.2011

Disons-le d'entrée, Navegador est un excellent jeu, mais qui ne brille pas par l'originalité de son thème: les grandes découvertes. Chaque joueur incarne une faction portugaise qui va partir à la conquête de l'Afrique, de l'Asie et de l'Amérique du Sud (Brésil).

Pour se développer, on peut suivre plusieurs voies: l'exploration (c'est-à-dire être le premier à entre dans une case d'océan donnée), la construction des divers bâtiments (usines, chantiers navals ou cathédrales) et les colonies. Ces cinq catégories donnent des points à la fin du jeu. Chaque catégorie a une valeur de base, multipliée par 1 ou 2. Cette valeur de multiplication peut être augmentée grâce à des privilèges. On a donc intérêt à se spécialiser.

S'il n'y avait que cela, Navegador serait un jeu de développement tout à fait banal. Il se distingue par son mécanisme, la "roue des actions", invention de l'auteur, Mac Gerdts. C'est une invention redoutable, qui cause aux joueurs de nombreuses prises de tête. La roue est divisée en 8 tranches, représentant chacune une action possible. Au premier tour, chacun choisit librement une tranche. Après coup, on ne peut se déplacer que de 1 à 3 tranches (éventuellement plus en sacrifiant des bateaux) autour de la roue pour choisir l'action suivante. On n'est donc pas totalement libre du choix de ses actions. Le fait qu'elles se présentent en séquence, et que cette séquence a été élaborée pour compliquer les choses, rend cette roue vraiment diabolique (voir l'image ci-dessous).

Deux des tranches, opposées l'une à l'autre, sont le marché, action qui permet - pour la faire courte - de gagner de l'argent. C'est la seule vraie phase de revenus. Entre deux, il y a évidemment plein de possibilités de dépenser son argent. D'un côté, on peut construire des bâtiments et recruter des ouvriers en plus. De l'autre, on peut coloniser et acheter des bateaux. On a rarement assez d'argent pour faire les deux. Quant aux privilèges, ils coûtent un travailleur. Ceci fait souvent descendre un joueur en dessous du seuil nécessaire pour construire un bâtiment donné (3 travailleurs pour les usines, 4 pour les chantiers navals, 5 pour les cathédrales). Or, sur la roue, la phase de recrutement des ouvriers vient après la phase de construction. Si l'on n'a pas assez d'ouvriers, on doit donc rater la phase de construction le temps d'avoir de nouveaux employés et refaire tout le tour de la roue avant de pouvoir construire à nouveau. C'est parfaitement vicieux!

Un jeu avec un tel système manque décidément dans ma ludothèque. Par contre, j'hésite. Mac Gerdts en a fait plusieurs, et je ne sais pas trop lequel choisir. Peut-être devrais-je juste me lancer avec Navegador.

(Note plus tardive: c'est fait, Navegador est sur mes étagères)