London

Posté le 08.01.2013

London est un jeu de Martin Wallace qui retrace la reconstruction de Londres après le grand incendie de 1666. Les joueurs sont des investisseurs, qui vont acheter des quartiers et y construire divers bâtiments. Le jeu traverse les âges et culmine avec les premières installations du métro. Hélas, tout ce développement urbain va attiser l'exode rural, créant des masses de pauvres, à gérer tant bien que mal. London n'est pas tout à fait politiquement correct, mais cela permet un mécanisme intéressant.

A chaque tour, un joueur peut choisir entre acheter un quartier ("borough") de Londres, placer des cartes devant lui, activer les cartes qui sont devant lui ou simplement piocher 3 cartes. Si ce n'est pour la possession des quartiers (dans lesquels vient encore le métro), London est donc essentiellement un jeu de cartes. Ces cartes se jouent en deux étapes. Il faut d'abord les placer devant soi, puis les activer, dès le tour suivant au plus tôt.

Cette activation des cartes correspond, en fait, à des constructions de bâtiments et autres services et, donc, à la reconstruction de la ville. Or, c'est cette étape, ô combien nécessaire, qui attire les pauvres. Chaque fois que l'on active des cartes, on compte combien de pauvres nous rejoignent (je vous passe les détails du calcul). A la fin du jeu, on fait le différentiel entre le joueur qui a le moins de pauvres et ceux qui en ont plus, pour obtenir des pénalités qui deviennent vite salées plus on a de pauvres en surplus. On peut finir avec peu de pauvres si l'on a beaucoup d'espace pour construire ou que l'on construit des bâtiments à vocation sociale (ou des prisons).

Les points de victoire proviennent des quartiers possédés, de l'argent détenu en fin de partie, de certains bâtiments et du métro. Outre la pénalité pour les pauvres, on perd aussi des points pour les dettes non remboursées.

London m'a bien plu et il n'est pas aussi lourd qu'on pourrait le craindre avec Martin Wallace. Le mécanisme qui oppose développement et pauvreté est vraiment malin et demande un gestion très fine de ses cartes, une mécanique vraiment originale.

Le seul doute que j'ai porte sur l'intérêt du jeu sur la durée: il ne me semble pas y avoir de multiples stratégies et les positions initiales ne varient pas. Il y a donc un risque de se lasser, mais ce n'est pas le seul jeu à qui l'on puisse reprocher cela. De plus, il existe bien assez de jeux de développement sur le marché pour varier les plaisirs et se payer un petit London de temps en temps pour goûter à son excellente mécanique.