Lewis & Clark

Posté le 29.01.2014

Dans la famille des jeux qui font du buzz, je voulais Lewis & Clark et je l'ai finalement eu lors de la dernière soirée Joca. Le jeu s'inspire de la célèbre expédition qui traversa les Etats-Unis d'est en ouest, de 1804 à 1806, à la recherche – en premier lieu – d'une route fluviale propre au commerce traversant le nouveau continent. Ici, les joueurs sont en concurrence, le premier à atteindre la côte ouest a gagné.

Le voyage n'est guère facile: du matériel et de nombreux hommes à transporter, sans trop se ralentir. Sans compter qu'on ne peut pas tabler sur une voie fluviale de bout en bout, il y a aussi des montagnes à franchir. Le jeu reflète très bien ces éléments. C'est sa grande force.

Chaque joueur dispose de quelques bateaux, qui représentent son expédition. Il peut y entasser des marchandises et des indiens. Il existe quatre marchandises de base (nourriture, fourrure, bois et outils) qui permettent d'acheter différentes choses, dont les marchandises "avancées" que sont les canoës (pour se déplacer sur le fleuve) et les chevaux (pour franchir les montagnes).

Les indiens servent à faire des actions au village indien, qui sont assez variées, la plupart étant orientées sur la collecte ou l'achat de marchandises. Ils peuvent aussi servir pour les actions réalisées avec les cartes de personnage.

Les personnages sont l'autre composant principal de l'expédition. Chaque joueur dispose des six mêmes personnages au départ. Dans le cours du jeu, on peut en acheter d'autres, tous différents, chacun amenant une capacité spéciale. Pour activer un personnage, on doit jouer sa carte, accompagnée d'une seconde, jouée face cachée et dont ne profite pas des effets, donc. Cette manière d'activer les cartes par paires mène souvent à des choix douloureux. Une carte face cachée peut être remplacée par un indien.

Les actions diverses des personnages permettent de renouveler le jeu. Il y a en effet un grand nombre de personnages, bien plus que l'on n'en utilise en une seule partie. Un certain nombre d'entre eux fournissent notamment des alternatives au déplacement en canoë ou à cheval. Ceci permet de développer d'autres stratégies.

La mécanique du voyage à proprement parler est symbolisée par le concept de campement. Chaque joueur dispose de deux marqueurs, qui avancent le long du trajet de l'expédition: un explorateur et un campement. Quand on effectue un déplacement, c'est l'explorateur qui avance. A chaque action, on dépense des cartes, jusqu'à se retrouver sans cartes. Pour les récupérer, il faut établir le campement. A ce moment-là, on compte les malus dont on dispose, ceux-ci provenant des marchandises et indiens en trop dans les radeaux et des cartes qui restent en main. L'explorateur recule d'autant, puis on avance le campement jusqu'à l'explorateur. Pour gagner, il faut établir son campement sur la côte pacifique.

Ce mécanisme est très malin, puisqu'il crée une tension entre l'accumulation des marchandises et de personnages nécessaire pour bien progresser, et le besoin de voyager léger, c'est-à-dire de bien utiliser ses cartes et ses marchandises avant de camper.

Lewis & Clark est un excellent jeu, avec des mécanismes vraiment bien réfléchis qui collent parfaitement à son thème. Par contre, il est très calculatoire et donc à réserver à un public averti.