L'Année du Dragon

Posté le 24.03.2008

L'Année du Dragon est un des derniers-nés de la gamme Alea, de Ravensburger. Dans ce jeu, chacun incarne un prince chinois qui tente de bâtir sa cour en dépit des famines, épidémies et autres exigences de l'Empereur. Le jeu consiste donc à construire des palais, dans lesquels on pourra installer ses courtisans, pour avoir la cour la plus prestigieuse à la fin du jeu, tout en essayant d'éviter autant que possible de subir les conséquences des événements.

Chaque joueur commence avec 2 palais de deux étages (il faut un étage par courtisan) et deux courtisans, choisi parmi les 9 types possibles (médecin, savant, paysan, guerrier, courtisane, artificier, ouvrier, collecteur d'impôts et moine). Ensuite, à chaque tour, chacun peut effectuer une action (levée d'impôts, récolte de riz, construction de palais, etc.) et recruter un nouveau courtisan. Pour le recrutement, un joueur dépense une de ses cartes personnages. Chacun dispose de 11 cartes: une par type de courtisan et deux jokers permettant de choisir n'importe quel type de courtisan. Le jeu durant 12 tours, il n'y a pas de recrutement au dernier tour.

Après la phase de recrutement, on résout l'événement du tour. Les événements sont connus en début de partie. Les deux premiers tours sont calmes. Pour les 10 autres, on répartit au hasard 10 tuiles événements (2 x 5 événements différents; 2 événements identiques ne peuvent pas se succéder), qui sont ensuite tournées face visible. On connaît donc la séquence des événements et (tenter de) se préparer en conséquence. Certains événements sont particulièrement brutaux et font perdre des courtisans si l'on est insuffisamment préparé.

On gagne des points à la fin de chaque tour, puis il y a encore un décompte final à la fin du jeu.

L'Année du Dragon est un jeu fin, mais tendu. Les courtisans rapportent en premier lieu des points de personnages. Ces points ne servent pas à gagner, mais à déterminer l'ordre du tour de jeu. Ce n'est donc pas absolument critique, mais jouer en premier est néanmoins très avantageux. Les points de victoire, eux, sont gagnés grâce aux palais, aux courtisanes et aux privilèges. Avec une seule action et un seul recrutement possible par tour, on se trouve constamment à faire des choix cruels. Les événements sont connus à l'avance, mais n'en sont pas moins inéluctables et induisent un stress fort palpable autour de la table. C'est cette tension qui distingue L'Année du Dragon d'autres jeux de gestion et qui fait tout son intérêt.

C'est donc un fort bon jeu. Nous en avons fait une partie à 3, mais je suis impatient de l'essayer à 5, car la course aux actions doit être beaucoup plus rude et rendre le jeu encore plus difficile. Par contre, cela permet peut-être l'émergence de stratégies plus diverses pour gagner, diversité qui n'est pas flagrante à 3 joueurs.