Kingsburg

Posté le 07.12.2008

Kingsburg est un jeu de gestion avec un truc pas comme les autres. Chaque joueur a la charge de développer une ville dans un royaume, c'est-à-dire y construire toute une palette de bâtiments qui amèneront des points de victoire à la fin du jeu et des avantages divers en cours de partie. La différence d'avec d'autres jeux du même genre réside dans la manière d'obtenir les matériaux nécessaires à la construction de ces bâtiments.

En effet, ici, point de mines à exploiter ou d'actes de commerce à effectuer. Les matériaux s'obtiennent grâce à des faveurs quémandées auprès des divers personnages qui composent la cour du roi. Au début d'un tour, chacun lance trois dés, voire plus s'il bénéficie d'un bonus. Ensuite, à son tour, un joueur prend un ou plusieurs de ses dés et les place sur la case du conseiller du roi correspondant au total des dés choisis. Il y a 18 conseillers, numérotés de 1 à 18. Un conseiller ne peut être pétitionné qu'une fois par tour, premier arrivé, premier servi. Quand un premier joueur a joué une première combinaison, un second en pose une, etc., puis on refait des tours de table jusqu'à ce qu'aucun joueur ne puisse plus poser de dés.

Cette mécanique est amusante et astucieuse. En regardant les dés des autres, et parfois aussi en essayant de deviner leurs besoins, on va tenter de placer au mieux ses dés, en se précipitant sur les conseillers que l'on souhaite vraiment ou, au contraire, en tardant à prendre certains conseillers en faisant le pari qu'ils vont rester libres et qu'on peut les prendre au dernier moment.

Quand tout le monde a pétitionné les conseillers, chacun reçoit les faveurs auxquelles il a droit. Ce sont, essentiellement, les trois "matériaux" servant à la construction des bâtiments: or, pierre et bois. Cela peut aussi être d'autres avantages, en particulier des bonus de combat (voir plus loin). Ceux qui veulent construire peuvent ensuite le faire.

On change ensuite de saison. En effet, le jeu se joue en 5 tours, chacun découpé en 4 saisons. Les trois premières saisons suivent le schéma décrit ci-dessus. En hiver, par contre, c'est l'attaque des monstres. Chacun tente de résister avec les points de combat qu'il a pu acquérir grâce à des faveurs et avec les bâtiments militaires qu'il a pu construire (qui sont donc bien utiles, mais rapportent moins de points de victoire que les bâtiments de prestige). La force exacte des monstres qui attaquent n'est pas connue à l'avance (sauf de ceux qui ont obtenu une faveur de voyance). La seule chose que l'on sait est que, au fur et à mesure des tours, les monstres seront de plus en plus forts. Ceux qui n'ont pas assez de force militaire y perdront des plumes, plus ou moins selon les monstres, cela peut aller jusqu'à se faire détruire un bâtiment. Les vainqueurs eux reçoivent une récompense.

Bref, Kingsburg est un jeu de gestion original, aux mécanismes variés et amusants (notamment plein de petits mécanismes d'équilibrage). On peut juste regretter, comme le fait remarquer Bruno Faidutti dans sa critique, que les membres de la cour du roi n'amènent pas des avantages plus variés. Mais c'est un moindre problème qui ne devrait pas gâcher votre envie d'essayer Kingsburg.