Jenseits von Theben

Posté le 16.04.2007

L'expérience et le peu de temps dont je dispose pour jouer m'ont mené à être très exigeant par rapport aux jeux que j'achète. En effet, malgré un écrémage de ma ludothèque, il me reste encore plus de jeux que je n'ai de temps pour y jouer. Du coup, des jeux que j'apprécie pourtant énormément se retrouvent à prendre la poussière pendant des années. El Grande ou San Marco, pour ne prendre que deux exemples, doivent dormir depuis au moins 3 ans sur mes rayonnages. Quel gâchis!

La fertilité de la créativité humaine fait toutefois qu'il y a régulièrement des nouveaux jeux intéressants qui apparaissent, mais c'est là que je filtre fortement. Il me faut maintenant un jeu qui apporte quelque chose de nouveau en termes de mécaniques. C'est le cas de Jenseits von Theben et de sa gestion originale des tours de jeu. En effet, dans ce jeu, les tours ne s'enchaînent pas simplement. Lorsqu'un joueur souhaite effectuer une action, il doit se déplacer vers la ville où il peut faire l'action de son choix, puis passer le temps qu'il faut pour accomplir l'action. Tout ceci va prendre un certain nombre de semaines. Le joueur avance son marqueur en conséquence sur la piste autour du plateau de jeu, qui représente le temps qui passe. Le prochain joueur à agir n'est pas forcément son voisin, mais celui qui est le plus "en retard" dans le temps.

Cela débouche sur une vraie gestion du temps: les actions qui prennent plus de temps amènent des avantages plus grands, mais plusieurs petites actions prenant moins de temps font souvent aussi avancer la cause. Les choix sont durs (et parfois amers :-)). Mais de quelles actions s'agit-il?

Dans Jenseits von Theben, chaque joueur incarne un archéologue. Le temps se divise donc entre la préparation des fouilles (recueillir autant d'informations que possible sur un lieu avant d'aller y fouiller) et les fouilles elles-mêmes, avec encore éventuellement du temps passé dans des conférences et les expositions. Plus on accumule de connaissances sur un lieu, plus on a de chance de faire de bonnes fouilles. Quand on se sent prêt, on se déplace vers les régions à fouilles (Grèce, Chypre, Palestine, Mésopotamie et Egypte). Exécuter des fouilles revient à piocher un certain nombre de pions dans un petit sac. Il y a un sac par lieu, qui contient, au début, autant d'objets de valeurs que de pions de simple sable. Le nombre de connaissances accumulées sur le lieu et le nombre de semaines passées à fouiller déterminent le nombre de pions piochés. Les pions sans valeur sont remis dans le sac. Un lieu s'appauvrit donc à chaque fois et il devient de plus en plus risqué d'aller y fouiller.

Les connaissances accumulées et les objets obtenus dans les fouilles comptent comme autant de points de victoire. Les conférences et les expositions (que l'on peut réaliser si l'on a les objets appropriés) amènent encore des points. A quatre, le jeu s'étale sur deux ans, soit 104 semaines (puisque la semaine est l'unité de décompte du temps). Il y a encore d'autres petites subtilités qui ajoutent au plaisir du jeu, mais je ne vais pas réécrire toute la règle ici.

J'avais entendu parler de Jenseits von Theben avant qu'il ne sorte et je m'étais impatienté de l'obtenir. Il s'est avéré à la hauteur de mes attentes. Une partie dure environ une heure, avec des choix difficiles à faire et des prises de risque qui ne manquent pas de piment. C'est un jeu plus léger que ce à quoi je m'attendais, mais cela s'accorde très bien avec la part de hasard que constituent les fouilles. Un grand plaisir, donc.