Himalaya

Posté le 22.05.2007

Je croyais avoir déjà parlé d'Himalaya dans ce blog, mais ce n'est pas le cas. J'avais déjà joué au jeu de base, mais, ce week-end, j'ai eu l'occasion d'en faire une partie à 6 joueurs (grâce à l'extension; le jeu de base se limite à 4) et en utilisant une bonne quantité de variantes.

Dans Himalaya, chaque joueur incarne un marchand tibétain, qui doit aller chercher des marchandises dans certains villages et les livrer dans d'autres, pour remplir des contrats. Honorer une commande permet de gagner des points dans 2 des 3 sphères d'influence: économique, religieuse ou politique.

Le plateau de jeu compte 20 villages, reliés entre eux par des routes de 3 types: terre, roche et glace. Ces routes découpent le plateau en 8 régions. Les villages, eux, sont de 3 importances: les maisons, les temples et les monastères. Les déplacements se font d'un village à l'autre, en suivant une route. Une fois dans un village, on peut y effectuer une transaction: prendre une ressource s'il y en a ou honorer une commande si l'on possède les ressources demandées.

Ces actions se programment et cela fait le sel d'Himalaya. A chaque tour, chacun programme en secret six actions, à choisir parmi un déplacement sur un des 3 types de route, une transaction ou une pause. Quand tout le monde est prêt, chacun révèle sa programmation et le fun commence: actions inattendues des autres et erreurs de programmation sont forcément au rendez-vous.

Les conditions de victoire sont sévères. Elles font que Himalaya n'est pas si familial que ça, car il faut tout le temps surveiller les autres et évaluer où l'on se place. En effet, à la fin du jeu, le joueur qui a le moins d'influence religieuse est directement éliminé. C'est sans lui que se fait l'évaluation politique, où un autre joueur (ou deux, quand on joue à 6) va être éliminé. Ce sont finalement les 3 survivants (ou deux, à 4) qui sont départagés sur la puissance économique. Cette dernière est donc le critère ultime, mais si l'on ne se concentre que sur ça, on est sûr d'être éliminé avant d'avoir pu faire valoir son nombre de yaks...

Par rapport au jeu de base, l'extension permet surtout de jouer à 5 ou 6 en fournissant deux couleurs supplémentaires. Je craignais que le plateau ne devienne très encombré à 6, mais ce ne fut étonamment pas le cas. L'extension amène aussi des pions, numérotés de 1 à 20, qui, une fois mélangés, indiquent, en séquence, le numéro des villages où les prochaines ressources ou la prochaine commande vont apparaître. Dans le jeu de base, ceci se règle avec un dé à 20 faces, introduisant une dose de hasard parfois assez malvenue. Avec les pions, on peut prévoir où les prochaines arrivées vont se manifester et commencer à se déplacer en conséquence.

Au final, Himalaya est un jeu franchement jouissif. La programmation des mouvements introduit un côté un peu chaotique et assez comique, alors que le reste du jeu est très calculatoire. Le système d'élimination à la fin du jeu fait que la situation peut très vite changer, lorsqu'un joueur parvient à remonter la pente religieuse ou politique. Dans les derniers tours, il faut veiller à tout. Le jeu paraît encore meilleur à 6 qu'à 4 et quelques variantes bien senties viennent encore rehausser le côté stratégique. Himalaya vient de sérieusement remonter dans mon Top 10.