Grand Austria Hotel

Posté le 09.12.2015

Dans Grand Austria Hotel, de Simone Luciani et Virginio Gigli, chaque joueur incarne un directeur d'hôtel qui doit gérer son établissement au mieux. Il va devoir accueillir des clients au restaurant, satisfaire leur appétit et les installer dans une chambre prête. Tout cela en gérant son personnel et sans perdre de vue l'humeur de l'Empereur, car cette dernière compte dans la Vienne du début du XXe siècle.

Au début de chaque tour de jeu, on jette une brassée de dés que l'on répartit selon leur résultat. Chaque chiffre correspond à une action possible dans le jeu. La quantité de dès d'un chiffre donné indique la "force" de l'action.

Les deux premières actions permettent de prendre des marchandises qui vont rejoindre la cuisine. Elles seront utilisées pour nourrir les clients. La troisième action permet de préparer des chambres. Sans cela, impossible d'y faire dormir des clients. La quatrième action permet de gagner soit de l'argent, soit des points de prestige auprès de l'Empereur. La cinquième action permet de recruter un nouvel employé (chaque employé à des capacités particulières). La dernière agit comme joker et permet de choisir une des autres actions, moyennant le paiement d'une couronne.

Lors d'un tour de jeu, chacun va pouvoir effectuer deux actions, selon un ordre déterminé. En plus de cela, chacun peut nourrir des clients et les déplacer, le cas échéant, vers des chambres prêtes. Chaque client ainsi satisfait rapporte des points de victoire. Il peut également avoir une capacité spéciale, qui se déclenche à ce moment-là. Le remplissage des chambres suit ses propres règles: on commence toujours par l'étage le plus bas, puis on peut progressivement monter vers des chambres plus luxueuses, qui demandent plus d'effort à préparer, mais qui rapportent plus. Les chambres sont aussi organisées par groupes, dont la couleur correspond à des bonus variés.

Au début de chaque partie, trois cartes de politique sont tirées au hasard. Ce sont des objectifs, qui vont orienter la stratégie des joueurs, car il y a pas mal de points de victoire à collecter par ce biais.

On tire également au hasard les récompenses et punitions destinées à ceux qui plairont le plus, respectivement le moins, à l'Empereur. Le bon plaisir de l'Empereur est évalué au troisième, cinquième et septième (dernier) tour. Le simple avancement sur la piste de prestige donne des points de victoire. Ensuite, chacun perd des points de prestige, car l'Empereur se lasse. C'est après cette déduction que l'on voit qui est méritoire et qui ne l'est pas. La punition peut-être sévère.

Grand Austria Hotel est ainsi un jeu qui offre de nombreuses manières de marquer des points. A ce titre, il est un peu difficile à prendre en main (et les règles ne sont pas toujours très claires), mais les objectifs permettent de se donner une direction quand on ne sait pas trop quoi faire au début. Pour le reste, le jeu tourne vraiment bien une fois qu'on le connaît. J'ai eu beaucoup de plaisir.

Une petite note concernant les variantes: je vous conseille fortement d'attaquer tout de suite avec deux d'entre elles, à savoir les hôtels différents pour chaque joueur (groupes de chambres différents) et le draft pour la main initiale d'employés (le hasard d'une bonne pioche est trop dommageable sans cela).

Il y a longtemps que je n'avais plus acheté un jeu sans l'avoir testé au préalable. Je me suis lancé sur la foi d'une critique de Martin Vidberg et son groupe de joueurs. Grand bien m'en a pris.