Francis Drake

Posté le 03.10.2014

Aux alentours des années 1570-1580, Sir Francis Drake, sème la dévastation parmi les possessions et les navires espagnols. Le jeu éponyme propose de retracer les expéditions de ce corsaire dans les Caraïbes.

Le jeu se déroule en trois tours, chacun composé de deux phases. Lors de la première phase, chacun prépare son expédition. Les joueurs parcourent la rue qui mène au port de Plymouth. Boutiques et personnages les attendent, pour obtenir différents biens (équipages, canons, vivres, marchandises) ou faveurs. On retrouve le principe de route de Caylus, si ce n’est que l’on ne peut ici pas reculer. Chaque joueur pose un pion après l’autre, à chaque fois plus “loin” dans la rue que le précédent. Les cartes qui composent la rue sont distribuées aléatoirement au début de chaque tour, changeant la dynamique de manière fort intéressante.

Dans la seconde phase, les joueurs agissent dans les Caraïbes, en fonction des ressources qu’ils ont pu collecter pour leur expédition. Ils peuvent tenter d’acheter des produits exotiques (sucre, café, tabac, indigo), d’attaquer des villages ou des forteresses espagnols, ou encore de tenter l’abordage d’un galion de l’Invincible Armada. Les produits servent à faire des collections. On peut en faire plusieurs séries, une série complète (4 produits différents) rapportant beaucoup de points. Les attaques (terrestres ou navales) font directement gagner des points de victoire et permettent aussi (si l’on est le premier à passer par là) de remporter des pierres précieuses, de l’or ou de l’argent. Ces matières précieuses sont stockées dans un petit coffre et valent des points à la fin de la partie. Plus on fait d’attaques différentes dans un tour (village, forteresse, navale), plus on gagne de points à ce tour.

A cela s’ajoutent les pouvoirs spéciaux des personnages rencontrés à Plymouth, qui permettent, par exemple, de connaître la force des garnisons ou des flottilles, très utile pour optimiser l’utilisation de ses équipages et de ses canons. Il y a aussi un mécanisme de placement au début de la seconde phase, qui détermine qui fait quelles actions et dans quel ordre, un passage assez tendu du tour de jeu.

La construction de Francis Drake est très intéressante, notamment la découpe en une phase de préparation et une phase d’action. La phase de préparation rappelle celle de Vanuatu, mais en beaucoup plus fluide: il n’y a pas de place pour tout le monde dans les boutiques de Plymouth et on se trouve parfois à parcourir la rue bien plus vite qu’on ne l’aurait souhaité. La phase d’action offre également beaucoup de finesse, avec le choix de l’ordre des actions, puis la décision de réaliser ou non toutes les actions pour lesquelles on s’est placé (car l’on n’aura pas forcément assez de ressource pour toutes).

Il y a aussi une vraie variété entre les trois tours. On peut essayer de se fixer une stratégie globale (notamment si l’on vise les collections de produits exotiques), mais selon ce qu’il se passe dans les rues de Plymouth, on peut se retrouver à revoir sa copie de fond en comble. Sans que cela soit frustrant, d’ailleurs.

Francis Drake est un très bon jeu. Je vous le recommande chaudement. Si j’hésite à le faire entrer dans ma ludothèque, c’est parce que celle-ci est bien remplie et compte déjà pas mal de jeux de gestion. On verra. En attendant, je me réjouis de reprendre la mer et d’aller couler de l’Espagnol!