Fiji

Posté le 06.11.2006

Fiji est le dernier jeu en date de Friedemann Friese, le monsieur aux cheveux verts et aux jeux de la même couleur (comme Funkenschlag, que j'ai acheté il y a quelque chose comme 2 ans et que je n'ai toujours pas réussi à tester). Fiji se classe dans la catégorie des jeux légers, mais qui prennent quand même la tête.

Chaque joueur incarne un explorateur qui doit échanger des verroteries (de 4 couleurs différentes) contre des têtes réduites par les terrifiants coupeurs de têtes. Le jeu se joue en quatre tours (qui correspondent à 4 jours) et en trois phases (matin, midi et soir). Au début de chaque journée, on tire 4 cartes qui vont indiquer les conditions à remplir à chaque pari et le gain emporté. Les paris sont, par exemple, d'être celui qui a le moins de bijoux jaunes ou le plus de bijoux verts et bleus. Chacun choisit en cachette un lot de 1 à 4 bijoux et on évalue les 4 paris les uns après les autres.

Les gains, eux, sont soit des gains pour celui qui l'a emporté (un bijou de telle couleur, la moitié de la réserve de bijoux de telle autre couleur), soit des gains pour les autres (un bijou chacun dans une couleur donnée).

Tout cela sert à atteindre des objectifs, qui sont aussi au nombre de 4. Chaque objectif concerne une couleur (rouge, bleu, jaune ou vert) et, selon son orientation, représente comme but d'avoir le maximum ou le minimum de la couleur concernée. Le premier objectif prime: celui qui le remplit a gagné la phase. Ce n'est qu'en cas d'égalité que l'on passe à l'objectif suivant, et ainsi de suite jusqu'à ce que tous les joueurs soient départagés. Le premier remporte alors 4 têtes (quand on joue à 5), le second 3 têtes, et ainsi de suite jusqu'à rien du tout pour le dernier.

Les paris et les gains restent les mêmes pour les 3 phases du même tour. On les exécute donc 3 fois, avant d'évaluer les objectifs. Au tour suivant, on tire 4 nouveaux paris et gains, alors que les 4 objectifs sont mélangés et replacés (la séquence de couleur peut donc changer, ainsi que le but (minimum ou maximum) pour chaque couleur). Chacun reprend aussi le lot initial de bijoux en main. A la fin de 4 tours, celui qui a le plus de têtes a gagné.

Le résultat est malheureusement un jeu chaotique à l'extrême. La part de psychologie et de bluff qu'il pourrait y avoir est noyée dans la quantité de possibilités. Contrairement à un jeu tel que Adel verpflichtet, il est presque impossible de deviner les intentions des autres. A la fin de la partie, on a vraiment l'impression de s'être pris la tête pour rien.