Deus

Posté le 16.12.2014

(Heureusement qu’il y a les soirées Joca pour alimenter un peu ce blog. Non seulement, ma motivation à l’entretenir a clairement baissé, mais j’ai peu de matière à traiter. Ces temps-ci, je lis peu et regarde encore moins de films. J’ai aussi quelques idées d’articles plus généraux, qui attendent des jours meilleurs.)

Bref, Deus. Un des jeux qui buzzent en ce moment, un des grands favoris d’Essen. Est-il donc à la hauteur du bruit qui le précède?

Deus est un jeu de combos. L’essentiel du jeu consiste à développer des cartes, dans différents domaines, cartes qui peuvent se combiner entre elles, idéalement, pour renforcer leurs effets respectifs. En parallèle à cela, il s’agit de conquérir des régions, possiblement occupées par des villages barbares.

A son tour, un joueur doit choisir entre deux actions: construire une carte qu’il a en main ou défausser une ou plusieurs cartes pour refaire sa main. Pour construire une carte, il faut posséder les ressources nécessaires (bois, blé, argile, pierre ou monnaie sonnante et trébuchante) et avoir en réserve un bâtiment du type correspondant (navire, village, usine, centre de recherche ou soldat). Le joueur place la carte devant lui et le bâtiment sur le plateau de jeu. A chaque bâtiment, on peut soit étendre son emprise en se plaçant sur une case voisine de ses possessions existantes ou renforcer une case où l’on se trouve déjà, les deux ayant des avantages. Lorsque l’on place une nouvelle carte, on peut rejouer les effets de toutes les cartes du même type déjà construites. C’est là que les combos entrent en jeu!

L’autre action possible est défausser des cartes. Ceci permet d’en prendre de nouvelles, mais pas que. Selon le type de la carte que l’on place sur le dessus de sa défausse, on peut aussi ajouter à sa réserve un bâtiment du type correspondant et obtenir d’autres gains, comme de l’argent, des ressources, des points de victoire, etc. Cette double utilisation des cartes est tout à fait intéressante.

Le plateau de jeu est composé d’éléments modulaires, ce qui permet de changer la géographie à chaque partie. Quatre types de régions produisent des matières (mentionnées précédemment). Un autre type est l’eau, sur laquelle on ne peut placer que des bateaux. Enfin, il y a les villages barbares, sur lesquels on ne peut se rendre, mais que l’on peut entourer pour remporter les points de victoire qu’il représente.

Deus est fort bien foutu. Toutefois, je ne suis pas entièrement convaincu. Il souffre de l’inconvénient des jeux de combos, à savoir que l’on peut vraiment ne pas avoir de bol et ne pas pouvoir réussir des combos intéressantes, même en brassant de la carte comme un malade. Ceci mène à de très grands écarts de score en fin de partie. Peut-être que ce trait s’amenuise avec l’expérience. En tout cas, l’influence de la pioche n’est pas négligeable (à titre d’exemple, je n’ai eu en main que deux cartes militaires de toute la partie).

Au niveau de la réalisation, je lui reprocherais son format: une grosse boîte carrée, à moitié vide. Surtout avec un plateau modulaire, il n’y avait pas besoin d’une boîte aussi grande.

Deus a clairement un goût de reviens-y, mais, justement, j’y reviendrai au moins une ou deux fois avant d’être sûr de vouloir l’ajouter à ma ludothèque ou non.