Un Lun Dun

Posté le 12.02.2012

Un Lun Dun s'inscrit dans la tradition de Neverwhere, de Neil Gaiman, explorant la ville sous la ville, l'abcity comme l'appelle China Miéville. Ici, il s'agit d'UnLondon, une ville en apparence aussi bizarre qu'absurde, construite avec les rebuts de Londres qui filtrent à travers l'Étrange ("the Odd", en anglais). Le plus redoutable de ces transfuges est le smog. Chassé de Londres par les lois anti-pollution, le Smog s'est réfugié dans UnLonDon et prépare sa revanche.

Seule l'Élue pourra le combattre et sauver UnLonDon. Sauf que les prophéties ne sont jamais si simples. Elles sont même parfois carrément fausses. C'est finalement Deeba, jeune Londonienne débarquée dans l'abcity telle une Alice aux Pays des Merveilles, qui va endosser le rôle de la sauveuse, aidée par un conducteur de bus à deux étages en exil volontaire, un tailleur de costumes en papier imprimé, un banc de poissons dans un costume de scaphandrier et d'autres encore, sans oublier une affectueuse petite brique de lait.

Vous l'aurez compris, Un Lun Dun donne dans le fantastique et l'absurde, avec tout le talent que possède Miéville. C'est aussi un livre qui s'adresse à un public adolescent. J'ai été épaté à quel point l'auteur savait adpater son style, plutôt littéraire, à ce public, tout en restant vraiment plein d'idées (idiotes) et avec une histoire qui retourne sur leur tête pas mal de clichés des quêtes héroïques. C'est donc une lecture beaucoup plus abordable que les autres livres de Miéville, mais néanmoins très plaisante et foisonnante de bonnes trouvailles, avec une bonne pincée de critique sociale en plus pour faire bonne mesure. J'y ai vraiment pris mon pied.