The Windup Girl

Posté le 11.08.2013

Dans un futur proche, les glaces du pôle ont massivement fondu, faisant dramatiquement augmenter le niveau des mers. Des épidémies ont décimé les espèces végétales de la planète, laissant le monde à la merci des fabricants de semences génétiquement modifiées. D'autres pandémies ont ravagé l'humanité et mis d'innombrables nations à genoux. Le pétrole est une énergie du passé, le commerce global s'est effondré.

Notre monde dans quelques années? Presque. C'est le monde dépeint par Paolo Bacigalupi, dans son roman The Windup Girl. Un premier roman qui tient du coup de maître. Outre la montée des eaux, le monde connaît donc aussi bien une pénurie énergétique qu'une famine généralisée. Les nations se sont repliées sur elles-mêmes ou sont tombées sous la coupe des multinationales, notamment agroalimentaires (appelées ici "calorie companies").

Un village gaulois résiste cependant, la Thaïlande, où se déroule l'histoire. Grâce à une politique d'isolationnisme forte et à la sauvegarde d'un riche patrimoine génétique, la Thaïlande est parvenue à tirer son épingle du jeu. Mais sa relative aisance attire les convoitises, sans parler de sa banque de gènes. De sanglants complots s'ourdissent pour accéder à cette biodiversité.

Dans ce décor, on suit les aventures de plusieurs personnages, dont les destins se croisent: Anderson Lake, homme des calorie companies cherchant à s'approprier les trésors de la Thaïlande, Hock Seng, son secrétaire personnel, homme d'affaires chinois déchu qui cherche à se refaire ou encore Jaidee Rojjanasukchai, valeureux membre de la police environnementale. Sans oublier, Emiko, la fille mécanique japonaise qui donne son titre à l'ouvrage. Tous ces personnages, et bien d'autres, sont intéressants et bien fouillés. La présence de la philosophie bouddhiste donne un vernis inhabituel à certains d'entre eux. Cela change des valeurs occidentales qui prédominent habituellement. Quand on doit se soucier de son karma, on n'agit pas de la même manière.

J'ai beaucoup apprécié ce livre. D'abord, pour sa thématique: une rare exploration d'un monde post-abondance qui ne sombre pas directement dans l'apocalyptique. La pression environnemental se fait bien sentir au cours du récit et j'ai trouvé cela prenant. L'intrigue, sans être follement originale, est bien menée, mais surtout le décor est très dépaysant. Bacigalupi dépeint cette Thaïlande futuriste de manière vibrante, je m'y suis totalement immergé, au point de me sentir un peu orphelin à la fin de ce livre. Un signe de qualité. Je vous le recommande chaudement.