The Jennifer Morgue

Posté le 05.11.2011

Deuxième tome des aventures de Bob Howard, l'informaticien défenseur de l'univers contre les horreurs lovecraftiennes, The Jennifer Morgue donne à fond dans la parodie de James Bond (et plus spécifiquement Thunderball), pour un bouquin totalement jouissif. Stross joue la carte de l'archétype, mais il y a une raison: l'invocation d'un archétype est aussi une forme de magie, chaque acteur essayant de brouiller les rôles.

Dans le rôle du grand méchant, un magnat du logiciel, qui m'a semblé inspiré de Larry Ellison, le patron d'Oracle. Il a une base navale, constituée d'un ancien bâtiment de guerre, un chat blanc et il cherche à récupérer une arme secrète au fond de la mer. Foin de nucléaire dans ce cas, on est dans le monde de The Laundry: l'objectif est une vestige d'une ancienne civilisation, mais aller y fouiller revient à violer le traité de partage des fonds marins signé entre l'humanité et les Deep Ones. Ce serait un très mauvais karma pour les humains, et les agences de lutte contre l'occulte sont sur les dents.

Bob Howard se retrouve ainsi de nouveau à devoir sauver le monde (en tout cas, le croit-il), allié de force à une Deep One et équipé avec une Smart aux gadgets improbables, après avoir survécu à une présentation PowerPoint qui transforme les auditeurs en zombie (pas besoin de forcer beaucoup). Bref, on est dans le délire total, mais avec classe et grande maîtrise de la structure narrative. Les clichés s'alignent pour être tournés en dérision, les gags informatiques sont toujours présents, que du bonheur.

L'histoire principale est suivie par une histoire courte intitulée Pimpf, dans laquelle Bob Howard se voit affublé d'un stagiaire qui se fait happer dans un MMORPG perverti par une DRH envieuse. C'est court, mais c'est bon, Stross excelle dans ce mélange de fantastique, d'horreur et de misères bureaucratiques inhérentes aux grosses boîtes. Quel talent! J'ai beaucoup aimé

The Atrocity Archives, mais j'ai trouvé <i>The Jennifer Morgue</i> encore supérieur. J'ai déjà dit que c'était jouissif? Oui? Bon. Mais c'était jouissif.