The Atrocity Archives

Posté le 23.10.2011

The Atrocity Archives, de Charles Stross, contient en fait deux histoires. Celle qui donne son titre au livre (mais au singulier), et qui en occupe la majeure partie, et The Concrete Jungle. Le héros, Bob Howard, est un informaticien qui a failli niveler Birmingham grâce à un algorithme particulièrement puissant. En effet, l'univers imaginé par Charles Stross est calqué sur le nôtre, mais la magie y est bien réelle, si ce n'est qu'elle dérive des mathématiques et de la physique. Les univers multiples existent, comme dans certaines théories cosmologiques, et leurs habitants ont généralement bien envie de venir sur Terre avec des aspirations qui ne correspondent que rarement aux nôtres. Un algorithme bien senti peut ouvrir une porte.

"It's bureaucratic, and also (therefore) chaotic, and it's full of people at desks muttering curses and writing invocations, all beavering away at a small part of the big picture. The coordinators, because they don't understand what's going on, are easy prey for smooth-talking preachers of bizarre cults that demand arbitrary sacrifices and vanis with large amounts of money. Welcome to the IT department."
Ken MacLeod, dans la préface

Des agences plus que secrètes veillent au grain. En Grande-Bretagne, elle s'appelle The Laundry. Bob y a été recruté après son exploit, c'est le seul endroit pour des gens qui ont failli bousiller la réalité, s'ils ne sont pas morts dans le processus. Après avoir végété quelques années dans l'administration, en tant qu'administrateur système, Bob postule pour être sur le terrain. Sa demande est acceptée et Bob se rend vite compte que le terrain n'est pas tendre.

The Atrocity Archive est un mélange étonnant (et détonnant) d'univers informatique avec gags geeks à la clé, d'espionnage et d'horreur lovecraftienne, sans oublier des nazis d'outre-espace. Le cocktail est parfaitement réussi: Stross arrive à exceller dans ces trois domaines. Sans oublier son style, qui est vraiment délectable. Stross a un sens de la description rare.

Les deux histoires proposées dans ce volume sont vraiment très bonnes, à tel point que j'ai enchaîné directement avec la lecture du deuxième tome de la série, The Jennifer Morgue. J'ai juste été un peu troublé par les atrocités nazies décrites dans The Atrocity Archive. Pas de doute, on est bien dans le domaine de l'horreur, mais cela m'a trop rappelé certains objets exposés au Musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon pour être agréable. J'ai aussi beaucoup aimé de tomber sur une approche encore différente du fantastique urbain-contemporain, thème que j'avais pas mal exploré ces derniers temps avec la série The Night Watch ou le roman A Madness of Angels.