The Apex Book of World SF

Posté le 17.02.2015

Lavie Tidhar est un auteur israélien, que j’ai découvert en lisant Angle Mort. Son projet d’anthologie d’auteurs de SF du monde entier, intitulé The Apex Book of World SF, avait titillé ma curiosité.

Sans hésiter, je donne ma palme à L’aquilone du estrellas, de l’auteur philippin Dean Francis Alfar. C’est l’histoire d’une femme qui veut séduire un astronome en se transformant en étoile grâce à un cerf-volant. Un texte dense, aux péripéties multiples, bâti comme un conte, qui laisse un sourire durable aux coins des lèvres.

Un autre bon texte venu des Philippines est Excerpt from a letter by a social-realist Aswang, de Kristin Mandigma, où comment un aswang (un genre de vampire) inscrit le fait de sucer le sang de bébés bourgeois dans le cadre de sa lutte contre l’impérialisme. Un gros délire parfaitement mené.

Très bonne note également pour Transcendence Express, du Hollandais Jetse de Vries, qui nous propose que la révolution de l’Intelligence Artificielle puisse être non pas un cauchemar, mais un source de richesse et d’espoir pour les plus démunis de la planète.

Fable étrange que celle de Compartments, du Serbe Zoran Živković. Un homme monte dans un train et passe par différents compartiments, occupés par des gens plus bizarres les uns que les autres, sans parler du contrôleur. Il en ressort sans que l’on soit plus avancé, mais le voyage est bien dépaysant.

L’histoire de The lost xuyan bride, de la Française Aliette de Bodard, n’est pas la plus originale, mais son univers où les Aztèques sont restés dominants sur le continent centre et sud-américain et où une partie des Etats-Unis a été bouffée par les Chinois est original et donne envie d’explorer plus avant (il existe trois romans).

Autre française, Mélanie Fazy nous livre un conte fantastique très sombre avec Elegy, qui fera froid dans le dos surtout à ceux qui sont parents. An evening in the city coffee house with Lydia on my mind est une nouvelle cyberpunk originale et surprenante, du Croate Aleksandar Žiljak (disponible en ligne, d’ailleurs).

Ce qui m’a souvent frappé, et qui fait effectivement tout l’intérêt d’un tel recueil, est l’aspect culturel qui ressort chez chaque auteur. Par exemple, dans Ghost Jail, de Kaaron Warren, des îles Fidji, avec les fantômes des morts qui rôdent toujours partout, ou dans The wheel of Samsara, du Chinois Han Song, avec son joyeux mélange de big bang et de mythologie tibétaine.

Au final, largement plus de bon que de mauvais. La promesse d’un tour du monde de la science-fiction est tenue, même si Lavie Tidhar a bien dû faire des choix. Toutefois, il a continué l’aventure, puisqu’il existe deux autres volumes (et encore un en préparation). Je suis prêt à suivre.