Rule 34

Posté le 04.09.2016

Rule 34, de Charles Stross, reviens dans l'univers de Halting State, cinq ans après les faits. Les protagonistes ne sont plus les mêmes. Liz Kavanaugh, inspectrice de la Police d'Edinburgh, passe au premier plan, accompagnée d'Anwar Hussein, escroc internet à la petite semaine, et The Toymaker, executive psychopathe pour le crime organisé.

Depuis que Charles Stross a écrit Halting State, il y a eu (entre autres) la crise des subprimes et la démocratisation des imprimantes 3D.  Liz Kavanaugh a été mutée au département "Rule 34", qui effectue une sorte de veille technologique pour essayer de deviner sur quelles plans barrés venus d'Internet ses collègues risquent de tomber dans un futur proche. Les imprimantes 3D jouent un rôle non négligeable dans la matérialisation de nombreux fantasmes et autres objets illégaux.

Rule 34—"If it exists, there is porn of it – no exceptions"

La crise des subprimes, elle, a inspiré le président kirghiz: serait-il possible d'organiser une fausse sécession d'un bout du pays, de décharger la dette nationale dessus et de spéculer de telle sorte à éponger la dette en faisant échouer l'indépendance? Tout cela en siphonnant des fonds d'origine trouble. Il s'agit aussi du lutte contre le spam, qui semble se matérialiser par des meurtres particulièrement créatifs de personnalités peu recommandables du monde des arnaques online.

Et tout cela va se cristalliser à Edinburgh, au grand dam de Liz. Partant de quelques soupçons sur des fabs labs pirates, elle se retrouve embringuée dans une enquête sur des meurtres multiples, avec inspecteurs stressés et politiciens qui regardent par-dessus l'épaule.

J'ai bien aimé Rule 34, mais nettement moins que Halting State. Le début m'a paru lent et je n'ai pas croché pendant au moins un bon premier tiers. Le ton est aussi plus sombre, assez démoralisant parfois, même si l'humour de Stross est toujours présent (peut-être un peu de lassitude de ma part?). Puis, finalement, l'intrigue décolle et j'ai été happé par le final. J'ai aussi trouvé que ce livre était difficile à comprendre. Certains concepts sont relativement tordus, et j'ai peiné à suivre quelques détours de la méta-histoire.