La reine, le moine et le glouton

Posté le 24.07.2014

A travers trois de ses livres, Shafique Keshavjee, pasteur et professeur de théologie, a posé un univers imaginaire qui lui permet d'explorer des questions relatives à la religion, la spiritualité et la société de manière plus générale. L'action est centrée sur un royaume tiraillé entre tradition et modernité.

Dans le premier ouvrage, Le roi, le sage et le bouffon (que je n'ai pas lu), le Roi organisait un "tournoi" des religions, afin de déterminer laquelle est la meilleure (avec l'athéisme en contre-point). Avec La reine, le moine et la glouton, on passe à un niveau plus fondamental.

L'auteur postule qu'il existe trois systèmes de pensée majeurs: le monothéisme, le matérialisme (athée, donc) et un troisième appelé "monoholisme", qui correspond aux croyances qui englobent l'univers dans un tout, chaque être vivant en étant une partie. Le bouddhisme est le principal représentant de cette vision de l'univers.

Les débats ont lieu avec un représentant que chaque système. Ils se font essentiellement à coup de grandes invocations de textes sacrés, de philosophes et de scientifiques. Ils sont entremêlés avec plusieurs trames secondaires: la maladie terminale de la meilleure amie de la Princesse, la tentative d'assassinat du Roi par des rebelles, etc. Cela permet d'alléger le propos, qui reste aride, tout en renforçant la réflexion centrale par le biais de l'impact de ces événements sur les personnages.

Ce livre me laisse de sentiments très mitigés. En tant qu'histoire, il se lit assez facilement. Les débats restent toutefois très intellectuels et ont fini par me lasser. Plus embêtant, j'ai trouvé que cela ne mène nulle part. L'auteur montre que chaque système pourrait englober les deux autres selon le point de vue que l'on adopte. Et la conclusion semble être que le principal est de vivre en harmonie avec les autres, quelles que soient ses croyances, ce qui n'est pas foudroyant d'originalité (même si cela vaut toujours la peine de le rappeler).

Je suppose que j'avais trop d'attentes. Depuis que je développe une certaine spiritualité, je me retrouve régulièrement tiraillé entre mon côté ingénieur et mon côté "croyant". En lisant le résumé de ce livre, j'avais pensé qu'il apportait une réflexion intéressant sur ce conflit, ce qui n'est pas le cas. J'aurais préféré que l'auteur soit moins neutre, quitte à ce que ses conclusions me déplaisent. Je ne pense pas que je lirai d'autres livres de Keshavjee.

Cette lecture pourrait s'inscrire dans le cadre du Summer of Fail.