Matter

Posté le 02.03.2013

Iain Banks est vraiment un auteur remarquable. Après la douche froide d'Inversions et la jubilation de Look to windward, je ne savais pas ce qui m'attendait avec Matter, opus suivant de la série de la Culture. Surtout que ça commence classique, avec des scènes de guerre au sein d'une civilisation assez peu développée (âge de la vapeur), un sentiment de déjà vu qui m'a laissé craindre le pire, même si le prologue lui-même met en scène une agente des Special Circumstances.

Heureusement, on rencontre très vite un premier extraterrestre et on sent bien que l'histoire va avoir une ampleur toute autre. Le monde en guerre n'est qu'une fraction d'un monde beaucoup plus vaste, une structure totalement incroyable que seul le génie de Banks était capable d'imaginer. Un shellword, un monde en couches concentriques, avec des soleils artificiels aux plafonds, un extraterrestre gigantesque en son centre, j'en passe et des meilleures.

Et voilà un prince déchu qui va partir chercher de l'aide de par le vaste monde, pour se retrouver plongé dans des intrigues entres des races extraterrestres de plus en plus élevées dans les échelons de la civilisation, jusqu'aux Morthanvelds, aisément les égaux de la Culture. C'est un des côtés les plus plaisants de ce livre: on découvre une autre civilisation très avancée, de manière beaucoup plus fouillée que tout ce que Banks nous a donné à voir jusque là. Le résultat est très satisfaisant, surtout que les intrigues sont multiples et le voyage vraiment beau.

Mon seul petit reproche est que l'intrigue qui tourne autour du shellword lui-même se résout un peu en queue de poisson, sans que l'on en sache plus sur ceux qui voulaient sa perte, encore moins pourquoi. Ca m'a quelque peu gâché le plaisir sur la fin, plaisir qui a quand même été très grand.