Lord Valentine's Castle

Posté le 15.07.2016

Je viens de relire Lord Valentine's Castle, de Robert Silverberg, que j'avais lu il y a quelque chose comme 25 ou 30 ans. C'est le début d'une saga en trois tomes, étendue par la suite.

Imaginez Majipoor, un monde aux dimensions colossales, bien plus vaste que la Terre, abritant quelques vingt milliards d'individus, en majorité des Humains, mais aussi nombre d'autres races. A part les Métamorphes, natifs de l'endroit, tous sont des colons venus des étoiles. Et si le trafic stellaire existe encore, les habitants de Majipoor ne s'y intéressent guère, préférant une existence plus simple et plus rurale. La technologie n'est pas absente, mais elle reste rare, et les vraies merveilles technologiques d'un âge plus avancé ont pris le statut de légendes.

Après des débuts violents, le monde s'est installé depuis des millénaires dans une ère globalement pacifiée, gérée par les quatre Puissances de Majipoor. Le Coronal est un genre de Roi, une figure visible et charismatique, qui réunit les gens autour de lui. Le Pontifex est à la tête de l'administration, il gère le quotidien de Majipoor. Le Roi des Rêves, depuis son antre désertique, envoie des cauchemars à ceux qui dévient du droit chemin. Quant à la Dame de l'Île, elle baigne continuellement le monde de rêves de paix et d'amour.

Ainsi, l'équilibre s'est-il préservé depuis des siècles et des siècles. Or, voilà qu'un imposteur a pris la place du Coronal, en lui volant son corps et sa mémoire. Valentin devient alors un innocent jongleur, jusqu'à ce que la mémoire lui revienne progressivement et qu'il se mette en quête du trône qui lui est dû, une épopée qui lui fait traverser la majeure partie de Majipoor.

C'était une expérience intéressante que de relire ce livre à tant d'années d'intervalle. J'y ai retrouvé ce que j'avais aimé à l'époque, un monde original, à l'ambiance globalement joyeuse (ça fait du bien de temps en temps) et une aventure prenante. Et puis, j'y ai trouvé de nouveaux aspects qui m'avaient échappé ou m'avaient laissé indifférent: les réflexions sur le système politique, sur la violence de la colonisation et la mise sous tutelle des peuplades autochtones, sur les relations entre les êtres vivants ou encore sur ce que l'on qualifierait aujourd'hui de "sobriété heureuse". On pourrait sans doute reprocher à l'auteur une approche un peu naïve de ces questions, mais je ne pense pas qu'il ait eu l'ambition d'y apporter des réponses. Juste d'explorer ces thèmes, de voir où cela le menait et de nous faire réfléchir avec lui.

Je reste donc très fan de Lord Valentine's Castle, quoique pas tout à fait pour les mêmes raisons qu'à l'époque. Et je vais embrayer sur la suite de la première trilogie (le reste me laisse un peu froid pour l'instant, après la déception que j'avais connue avec le quatrième tome, Mountains of Majipoor).