L'Eclat de Dieu

Posté le 15.09.2006

L'Eclat de Dieu est un livre de Romain Sardou, fils du Michel du même métal, pour en finir tout de suite avec la partie people de cette chronique.

Voilà un livre bizarre. Ca commence comme un roman historique, mais ce n'est en pas un. Ensuite, ça prend des allures de science-fiction, mais ce n'est pas vraiment ça non plus. En fait, c'est plutôt un roman philosophique (ou plutôt, théologique), mais qui se veut quand même en roman d'aventures, car, au final, la partie théologique est plutôt réduite. Néanmoins, c'est elle qui donne toute sa portée au livre, qui serait, sans elle, bien terne.

Mézalors, de quoi s'agit-il? L'histoire se déroule donc en parallèle à deux époques: la première époque est 1128, départ de la Deuxième Croisade. Les Templiers sont là pour protéger le convoi de pèlerins, mais ils ont un objectif secret: arriver à Jérusalem en premier pour récupérer un objet appelé "La Borne". En même temps, on se trouve dans un futur lointain, lors de la Deuxième Croisade, dont le but est de retourner sur la Terre des Origines pour libérer Jérusalem, assiégée par les Mahométans. Le parallèle est complet: les mêmes personnages sont mis en scène, dans des lieux qui portent les mêmes noms (mais qui sont soit des villes, soit des planètes) et les bateaux se fondent en vaisseaux spatiaux. Dans certains chapitres, l'ambiguïté est poussée au maximum et on ne sait plus très bien à quelle époque on se trouve. Cette confusion est un des intérêts du livre, car on se demande quelle va être l'explication finale de ces trames parallèles.

Outre la quête des Templiers (et intimement liée à celle-ci, vous vous en doutez bien), on suit les péripéties d'un homme, Cosimo Gui, qui cherche à savoir qui a assassiné son oncle, un architecte de grand renom. Ceci va le mettre, lui aussi, sur la piste de la Borne, qui s'avère contenir l'Eclat de Dieu qui donne son titre au livre. Signalons encore que, dans la partie "historique", de grandes libertés sont prises avec l'Histoire, comme pour bien prouver que ce n'est pas là le propos principal.

L'Eclat de Dieu n'est de loin pas un chef-d'oeuvre. Il utilise pas mal de clichés, mais sa lecture est néanmoins agréable et un certain nombre d'éléments ont réussi à maintenir mon attention de bout en bout. En fait, j'étais surtout très curieux de la chute. En effet, on voit venir que le final va impliquer quelque chose de divin, et je suis très sceptique de ce genre de livres, car l'auteur, n'étant pas Dieu, a généralement beaucoup de mal à faire des révélations divines. Je pense, par exemple, au Livre de Saphir, de Gilbert Sinoué, qui est une lecture très agréable, mais dont la révélation divine finale est escamotée au profit d'une grande lumière verte. C'est un peu court...

Romain Sardou évite ce piège avec un final tout à fait correct, même s'il n'est pas transcendant. En fait, comme je l'ai dit plus haut, ce qui a fait pour moi l'intérêt principal du livre est la partie philosophico-thélogique sous-jacente, mais cette dernière est résolue plus de 50 pages avant la fin déjà. En résumé, c'est un livre tout à fait surprenant et que je ne regrette pas d'avoir lu.

Quant à ceux qui veulent savoir de quoi il s'agit réellement, lisez le premier commentaire ci-dessous, où je spoile le coup.