Le Manuscrit du Saint-Sépulcre

Posté le 15.11.2009

Le Manuscrit du Saint-Sépulcre est le premier roman d'une la trilogie dite du "Pape Suisse", de Jacques Neyrinck. L'histoire se termine toutefois de manière tout à fait satisfaisante et ce livre peut donc très bien se lire seul (c'est aussi pour ça que je n'ai pas attendu d'avoir lu les trois pour les chroniquer).

L'histoire commence avec des analyses menées par un physicien, Théo de Fully, pour dater le Saint Suaire. Deux autres laboratoires sont aussi sur le coup, chacun travaillant sans contact avec les autres, afin d'assurer l'indépendance des résultats. Le Vatican, qui a autorisé cette datation, et qui a fourni les échantillons nécessaires, ne veut pas prendre de risque. Il sait qu'il devra assumer le résultat, quel qu'il soit.

Or, ces résultats ne sont pas tout à fait ceux attendus: tout semble indiquer que le morceau de lin date bien du premier siècle de l'ère chrétienne et qu'il est quasiment impossible que ce soit un faux. Mais la datation au carbone 14 indique avec certitude le XIVe siècle. Ceci contrarie fortement Théo, dont la recherche de précision est totalement obsessionnelle. Il parvient à convaincre le Vatican (via son frère, Emmanuel, qui est évêque dans la Congréation pour la doctrine de la foi) de le laisser chercher la tombe du Christ, afin de trouve d'autres échantillons.

Les problèmes vont alors commencer pour le Vatican. Théo est un excellent chercheur et va réussir là où tant d'autres ont échoué: il trouve le tombeau du Christ. Alors que le Vatican tente de garder tout cela aussi secret que possible, le temps de digérer, une fuite va avoir lieu, bien involontairement, via la soeur de Théo. L'Eglise va s'en retrouver fondamentalement secouée.

Mise à part le fait qu'il est un peu long au démarrage, j'ai trouvé ce livre tout à fait épatant. Neyrinck est un érudit, ingénieur, politicien et croyant. Le Manuscrit du Saint-Sépulcre contient aussi bien de la physique, que de la théologie (et pas qu'un peu d'exégèse), de l'histoire (surtout biblique), de la psychologie et de la sociologie. C'est donc un livre extrêmement riche, très malin et qui porte à réfléchir, tout en étant assez abordable.

J'ai surtout beaucoup aimé les réflexions de Neyrinck sur l'Eglise catholique, qui rejoignent en grande partie les miennes (en résumé, très critiques). Le bourrage de mou catholique que j'ai subi dans mes premières années de scolarité, avait fait de moi un anti-clérical primaire. Avec le temps, cette attitude a évolué. Bien que je ne me sente pas fondamentalement chrétien, j'ai rencontré, depuis, des manières beaucoup plus agréables d'aborder le christianisme et la bible que la confession forcée chaque semaine. De plus, je suis de plus en plus convaincu que le salut de l'humain ne viendra que par un retour du spirituel (mais ça dépend évidemment de la forme de ce dernier). L'interprétation du message de Jésus faite par Neyrinck m'a beaucoup plu et la fin de son livre est vraiment très belle.