La vague montante

Posté le 14.09.2015

La vague montante est un court roman de Marion Zimmer Bradley, paru en 1955 et récemment réédité par Le Passager Clandestin.

Dans un futur lointain, les hommes ont envoyé un vaisseau interplanétaire vers la constellation du Centaure. La mission fut une réussite, mais le vaisseau est arrivé abîmé et avec insuffisamment de carburant pour le voyage de retour. Plusieurs générations ont oeuvré pour cela, et voilà le Homeward en approche de la Terre, prêt à annoncer la bonne nouvelle de la colonisation réussie de Theta du Centaure.

Entre-temps, l'Humanité est revenue de sa folie scientifique et consumériste. Chacun fabrique les objets qui lui plaisent de manière artisanale, les gens sont regroupés en petits villages (au-delà d'une taille critique, une communauté se déchire forcément), chaque famille cultive son champ et troque avec les autres. Pas vraiment la société que les descendants de la mission de colonisation s'attendaient à trouver. Le choc va être dur à encaisser, surtout pour le chef de mission, bien rigide dans ses bottes.

La science, Monsieur Kearns, n'est plus le seul jouet d'une poignée de puissants faiseurs de guerre, pas plus qu'elle n'est asservie à un mode de vie artificiel à l'usage d'une population malade et névrosée, sans cesse à la recherche infantile de distractions et d'excitants nouveaux.

On est ici clairement dans la science-fiction sociale. La vague montante n'est pas tant un roman qu'un manifeste pour une autre société, avec pas mal d'idées qui sont toujours dans l'air de nos jours. Comme quoi ce n'est pas neuf. Et on n'est pas encore arrivés, car, oui, je me retrouve globalement dans la vision évoquée par Bradley, en particulier sa critique des sciences (surtout notre relation à icelles).

J'ai bien aimé La vague montante, en plus c'est court et vite lu. Même si ça ne va pas aussi loin en termes de société que La belle verte de Coline Serreau, je n'ai pu m'empêcher d'y penser. Et ça m'a collé un sourire durable sur le visage.