La Terre sauvage

Posté le 06.02.2014

En 2010, Cygnis gagnait le Prix Julia Verlanger et je découvrais un nom inconnu, qui devait pourtant être célèbre, puisqu'un prix y était relié. Tardivement, j'ai suivi cette piste. La première étape de ma recherche m'a laissé perplexe: en cherchant "Julia Verlanger", Google me proposait en premier résultat "Gilles Thomas", ce qui semblait totalement à côté de la plaque. Il n'en est rien. L'auteure que je cherchais s'appelle en fait Eliane Taïeb (née Grimaître). Elle a travaillé sous de nombreux pseudos, dont Gilles Thomas et Julia Verlanger.

Pour découvrir son oeuvre, j'ai commencé par une intégrale publiée par Bragelonne, intitulée L'autoroute sauvage. Elle regroupe trois histoires parues chez Fleuve Noir Anticipation à l'époque (L'autoroute sauvage, La mort en billes et L'île brûlée), plus quatre nouvelles (Les bulles, Le recommencement, Nous ne vieillirons pas et Les derniers jours).

La trilogie principale peint le portrait d'une France dévastée par une guerre que l'on devine mondiale. Les armes les plus diverses ont été utilisées, tuant la majorité de la population, réduisant la civilisation à néant et créant de grandes zones polluées par des résidus dangereux. Dans cet univers dévasté, survivent quelques poches organisées, plus un certain nombre de solitaires, comptant sur leurs seuls talents de survie. Gérald, le héros de ces livres, est l'un deux.

Solitaire et heureux de l'être au début, Gérald va tomber amoureux de la belle Annie, faire équipe avec un autre solitaire (Thomas) et finir, au cours des tomes, à la tête d'un véritable petit groupe, ce qui n'est pas sans lui donner de l'allergie occasionnelle. Pour Annie, il va accepter de pénétrer dans Paris, à la recherche d'un remède à la peste bleue, un des fléaux apporté par la guerre.

Le second tome est marqué par la lutte contre une autre abomination de la guerre: un genre de gelée empli de billes, qui mange les humains en les dissolvant. Dépourvue de structure, cette gelée semble pourtant posséder une certaine intelligence. Elle est lente, mais redoutable, car indestructible. Le troisième tome offre un changement de décor, les héros se retrouvant en Tunisie, sur les traces d'esclavagistes venus ravager le sud de la France.

Les nouvelles ne se passent pas dans le même univers. Elles restent toutes dans le thème post-apocalyptique ou fin du monde. J'ai été particulièrement frappé par Nous ne vieillirons pas, qui arrive à entasser une quantité de violence et de désespoir en à peine deux pages avec une efficacité qui débouche sur un texte d'une noirceur rare.

Cette intégrale représente une lecture agréable, bien que ce ne soit pas de la grande littérature. Le style de Verlanger est simple et efficace, les aventures de héros de L'autoroute sauvage sont une succession linéaire de problèmes et de solutions. Je me rends compte que je recherche des romans plus complexes, plus riches. Traitez-moi d'intello si vous le souhaitez! Je ne pense pas que je continuerai à explorer la production de Verlanger.