La prophétie du Vatican

Posté le 09.01.2010

Dernier tome de la Trilogie du Pape suisse de Jacques Neyrinck, qui comprend Le manuscrit du Saint-Sépulcre et La révélation de l'ange. Le livre commence avec la fuite du pape. Déçu de ne pas pouvoir réformer l'Eglise comme il le souhaiterait et sentant maintenant menacé au Vatican (genre "syndrome Albino Luciani"), Emmanuel de Fully, dit Jean XXIV, quitte Rome en douce pour espérer rejoindre la maison de famille en Suisse, via la France. Son voyage ne se passe pas comme prévu, et il va vite se retrouver clochard. Il découvre alors dans la pratique, un monde dont il n'avait qu'une image fort biaisée via les actions de charité. Il côtoie des SDF, des drogués, des réfugiés illégaux, tous les rejettés de la société. Ces rencontres vont avoir l'effet d'un voyage initiatique sur l'aristocrate n'ayant jamais eu de vrais problèmes et arrivé sur le trône de Saint-Pierre un peu par hasard.

Le premier tome de la série était passablement philosophique, le second plutôt théologique. Dans ce troisième tome, Neyrinck règle ouvertement ses comptes avec l'Eglise catholique. Au travers des divers personnages qu'Emmanuel recontre, souvent au cours de leurs confessions, Neyrinck met à nu les nombreux aspects dysfonctionnels d'une institution fondée sur le pouvoir et qui a dévoyé totalement le message originel du Christ. A l'opposé, il montre aussi des gens qui font énormément de bien, souvent en marge de l'Eglise, faute d'y trouver un vrai soutien.

On pourra reprocher à Neyrinck de se laisser aller un peu à la facilité, tant certaines situations manquent de nuance. Mais il ne faut pas voir La prophétie du Vatican comme un simple roman. C'est véritablement une réflexion sur la chrétienté, le message du Christ, la religion et, bien sûr, l'Eglise catholique. Pour moi, traumatisé de l'école catholique de mes premières années scolaires, c'est une réflexion qui me parle beaucoup, tant j'ai très tôt ressenti le décalage total qui existe entre les paroles de Jésus, telles que rapportées dans la Bible, et ce qu'en faisait l'Eglise catholique (et d'autres aussi, d'ailleurs, mais elles ne sont pas dans mon vécu).

J'ai donc beaucoup aimé ce livre, il m'a beaucoup parlé et pas mal fait réfléchir. Il ne faut juste pas le prendre pour un simple roman, auquel cas on risque de le trouver un peu léger, bien qu'il y ait quand même un bon suspens.