Je suis d'ailleurs

Posté le 19.08.2006

Voilà bien longtemps que je n'avais plus lu de livres de Lovecraft. En fait, j'avais découvert Lovecraft en même temps que la parution en français du jeu de rôle inspiré de son oeuvre, L'Appel de Cthulhu. Voilà qui ne nous rajeunit pas.

J'étais resté avec une impression mitigée de oeuvre. Les nouvelles sont très bonnes (par exemple, Le Cauchemar d'Innsmouth et L'Abomination de Dunwich), mais j'avais été déçu par les romans (par exemple, Le Rôdeur devant le Seuil), ce qui, à mon avis, n'a rien de surprenant. Les effets de Lovecraft reposent essentiellement sur les non-dits. Tout est innomable, indescriptible et, bien sûr, indicible. Or, on ne peut pas abuser de telles formules. Ca passe très bien sur un texte court, mais pas sur un roman complet.

Je suis d'ailleurs est un recueil de nouvelles. Qui plus est, je l'ai trouvé par un franc chez un bouquiniste, il n'y avait donc pas de raison de se priver. Globalement, ce n'est pas exceptionnel, mais ça se laisse lire et le talent de Lovecraft est quand même flagrant. J'ai fait la comparaison avec certains nouvelles du recueil Les Ramages de la Douleur, de Gary Kilworth, qui recourt aussi parfois aux mêmes artifices de non-description pour stimuler un malaise chez le lecteur. Or, chez Kilworth, ça tombe à plat, alors que chez Lovecraft, c'est très efficace.

Aucune nouvelle de ce recueil ne se distingue vraiment des autres. Elles sont toutes dans le même ton et utilise les mêmes mécanismes. Celle qui donne son nom à l'ouvrage remporte toutefois la palme de la plus sinistre. Une lecture agréable, qui donne des idées pour le jeu de rôle (dommage que je n'aie plus le temps de pratiquer), mais sans plus.