Iron Council

Posté le 01.10.2014

Iron Council est le troisième livre de China Miéville situé dans l'univers de New Crobuzon, après Perdido Street Station et The Scar. Les trois peuvent se lire indépendamment, il n'y a ni lien, ni réelle chronologie, si ce n'est que chaque tome semble se situer un peu plus dans le futur de la ville.

Ce tome parle de révolution. New Crobuzon est en guerre contre les mages de Tesh, sa principale rivale. La guerre draine les ressources de la ville, les basses couches de la population en souffrent. De plus, le gouvernement en a profité pour affermir son contrôle. La milice est désormais partout, tout le monde est surveillé. Dans ce climat de fort mécontentement, certains trouvent l'espoir dans les légendes, comme celle de l'Iron Council. Reviendra-t-il à New Crobuzon pour sauver ses habitants de la dictature? Une poignée d'aventureux sont prêts à traverser le monde connu (et inconnu) pour partir à sa recherche.

Nous voici ainsi lancés sur les traces de Judah Low, chercheur, spécialiste autodidacte des golems, poseur de rails, chasseur de primes et révolutionnaire. Remontant son histoire, on découvre la folle tentative d’un riche entrepreneur de New Crobuzon de construire un train traversant le continent. Miéville revisite ce grand mythe du Far West à sauce. Le résultat est parfaitement jouissif. Tout les clichés sont là (villes champignons, prostituées, joueurs invétérés, hors-la-loi, chasseurs de prime), mais revus par l’imagination délirante de Miéville, posés dans un flashback haletant balancé au milieu du bouquin. Car ce train est le vrai héros de l’histoire. C’est lui, l’Iron Council.

J’ai été absolument emballé par ce livre. C’est clairement le plus abouti de la série. L’univers est toujours aussi riche, la prose de Miéville toujours aussi prenante, chargée de néologismes ou d’abus de langage créatifs. Miéville nous emmène à la limite de la compréhension, sans jamais sombrer dans l’abscons. Son imaginaire fertilise notre cerveau, qui ressort pétillant d’une telle lecture.

Tout ceci en abordant des sujets qui n’ont rien de drôle. Iron Council parle de révolution, de rêves d’émancipation, de changements de monde et de comment l’ordre établi finit par se maintenir. Les utopies font leur temps, leurs fins baignent le livre dans une tristesse mélancolique. A la lecture de The Scar, j’avais été frustré par des personnages pas vraiment aboutis. Ce n’est pas le cas dans Iron Council, qui nous en offre une panoplie fascinante, Judah Low en premier, l’homme qui rêvait d’écrire l’Histoire.

Iron Council est une bombe, faites-la péter dans votre boîte crânienne!