Homère, Iliade

Posté le 16.02.2008

De retour de vacances, je reprends le blog, mais il y a toujours pas mal de retard dans ces chroniques...

Alessandro Baricco a voulu faire une lecture publique de l'Iliade, de Homère. Il s'est alors rendu compte qu'il lui faudrait environ 50 heures pour ce faire et qu'il risquait donc d'ennuyer quelque peu son public. Il entreprit alors de compacter le récit, en enlevant notamment toutes les interventions divines, apparemment nombreuses et n'amenant pas grand-chose au récit, en plus d'être particulièrement en décalage avec notre culture. Il apporta encore d'autres modifications, tout en essayant de rester le plus fidèle possible à l'esprit de l'Iliade et arriva enfin à un livre d'un peu plus de 200 pages.

L'Iliade est avant tout une histoire de guerre. Elle raconte l'épopée de la guerre troyenne, qui dura dix ans, depuis le rapt d'Hélène jusqu'à la chute d'Ilion. On y croise une quantité de héros aux noms connus, comme Achille, Ajax, Agamemnon, Hector ou encore Ulysse, qui fait déjà des siennes. Le livre fourmille de scène de combat où l'on s'étripe à qui mieux mieux. Malgré les modernisations apportées par Baricco, le style reste ancien. Les étripages sont très personnels: machin défonce truc, chose éclate le crâne de bidule. Au milieu de cette boucherie, s'élèvent les lamentations des femmes, qui perdent enfants, maris et pères dans cette guerre, mais aussi les complaintes des guerriers, qui perdent eux aussi frères, amis et fils, et rêvent d'une paix impossible. Le point d'orgue est évidemment la scène du cheval, ruse imaginée par Ulysse.

Dans l'ensemble, j'ai trouvé le livre plutôt ennuyeux. Il n'y a pas de doute, j'ai de la peine à me faire au style des récits anciens. Ce n'est pas ma première lecture de ce genre et à chaque fois je m'ennuie à cause d'un style lent et lourd. En plus, les scènes de massacre sont aussi fréquentes que répétitives.

Le livre se conclut par une perle tout à fait inattendue. Dans sa postface, l'auteur explique ce qui l'a attiré dans l'Iliade. Certes, c'est un livre de guerres et les héros ne sont jamais aussi beaux que lorsqu'ils sont couverts de sang. Mais ils évoquent aussi souvent la paix, sujet normalement réservé uniquement aux femmes. Les héros désirent la paix, mais la considèrent hélas comme inatteignable. Baricco part de cela pour émettre le postulat que nos sociétés n'ont absolument pas changé. Sous un vernis d'amour apparemment immodéré pour la paix, nous sommes encore prompts à nous enthousiasmer pour le fait guerrier. Cela vient du fait que la paix que nous connaissons n'est rien qu'une absence de guerre. L'humanité ne connaîtra vraiment la paix que quand elle aura un projet qui la mobilisera vraiment et qui sera plus grand que la simple absence de guerre. C'est très fortement résumé et ça n'a pas l'impact de l'écrit d'origine. Mais c'est une analyse tout à fait inhabituelle de notre société et j'avoue qu'elle m'a vraiment marqué.