Djihad Jane

Posté le 30.09.2016

Avec Djihad Jane, Olivier May, auteur genevois, a trouvé un titre qui marque. Cette nouvelle, qui donne son titre au recueil, explore comment une adolescente qui part d'un mauvais pied dans la vie peut finir par glisser vers des terrains plus sombres et se trouver embarquée dans une spirale de violence sans fin (ou plutôt, avec une fin définitive). Une histoire fascinante et tragique, qui ne contient qu'un élément fantastique suggéré. Olivier May a le mérite d'aborder ce problème de front, en envoyant le politiquement correct par la fenêtre, une audace nécessaire.

Trois autres nouvelles viennent étoffer ce recueil. Le regard de Shamat met en parallèle la guerre en Irak avec un temple sumérien aux alentours de 3000 ans avant Jésus Christ. Une idée bien menée et bien trouvée. Beaucoup d'originalité aussi dans Homoplasie, qui met en scène un pilote spatial terrien qui se retrouve dans une drôle de relation avec une belle extraterrestre. Cette nouvelle propose une inversion des sexes surprenante et intéressante.

Quant à La fin justifie les moyens, elle se situe dans l'univers feutré des super riches et autres ambassadeurs, où la chirurgie esthétique est de mise, pour paraître parfait jusqu'à la fin de ses jours. Mais ce rêve peut tourner au cauchemar quand il fait partie d'un plan plus vaste et vengeur. Ce n'est pas la nouvelle qui m'a fait le plus vibrer, tout en restant plaisante.

Dans l'ensemble, ce recueil était une très bonne lecture. Djihad Jane ressort du lot, et pas qu'à cause de son titre. Son histoire est forte et prenante. Les autres nouvelles m'ont bien plu aussi, avec Homoplasie qui ressort nettement du lot de par son originalité.