Cygnis

Posté le 05.09.2011

J'ai acheté Cygnis parce que son auteur, Vincent Gessler, est de Genève, que nous nous étions rencontrés il y a quelques années de cela aux Mercredis de la science-fiction, puis je l'ai retrouvé par hasard, lors de sa séance de dédicaces au dernier Salon du Livre. Je suis ainsi sorti, une fois n'est pas coutume, de mes sentiers battus de SF anglo-saxonne commandée via Amazon. Grand bien m'en a pris. Il faudra que je le fasse plus souvent (c'est très moral, non?).

Cygnis se passe sur Terre, dans notre futur, après une guerre qui a fait régresser la civilisation aux environs du Moyen Age, mais avec quelques restes technologiques. Une partie de ces restes est d'ailleurs bien encombrante: des robots qui perpétuent, à intervalles irréguliers, des massacres à l'encontre des humains. Ces derniers sont d'ailleurs divisés en divers clans, dont les relations ne sont pas au beau fixe. La situation globale est donc bien précaire. En plus, les hivers sont extrêmement rigoureux (il n'est pas clair s'il s'agit encore d'hivers nucléaires).

Le héros est un trappeur, être solitaire qui ne rejoint les poches de civilisation que pour vendre ses biens. Il va se trouver embarqué, bien malgré lui, dans la guerre qui se déclenche soudainement entre deux clans, en surplus d'une histoire d'amour et d'une intrigue de robots. Le solitaire va se retrouver soudainement bien central.

Les prémices ne sont pas forcément originales, mais l'histoire est prenante et bien menée, avec une fin satisfaisante. J'ai particulièrement aimé l'attention portée aux differents groupes (clans humains, robots) d'un point de vue sociologique. Je ne sais pas quelle a été la profondeur des réflexions de l'auteur sur le sujet, mais j'ai trouvé que les différentes sociétés avaient été bien pensées et c'est un point auquel je suis sensible. J'ajouterai encore que le style de Vincent Gessler est poétique et contribue grandement au plaisir de la lecture. Et puis, pouvoir être un locavore même en SF, quel luxe! ;-)