Cobweb

Posté le 02.11.2013

Que ceux qui me connaissent se rassurent, je ne vais pas vous parler de la boîte pour laquelle je travaille. Cobweb est un livre de Neal Stephenson et Frederik George, le second étant aussi peu connu que le premier l'est (je veux dire, le mec n'a même pas de page Wikipédia, malgré le fait d'avoir été associé à un auteur de référence du monde geek).

Cobweb n'est pas un roman de SF. C'est une histoire d'espionnage (plus ou moins) se déroulant pour partie à Washington DC, pour partie dans l'Iowa (dans les villes jumelles fictives de Wapsipinicon et Nishnabotna), à l'époque de la première guerre du Golfe. Dans l'Iowa, on suit les aventures du vice-shériff local dans une bourgade finalement pas si tranquille: en effet, on y trouve la Eastern Iowa University, qui héberge pas mal de chercheurs étrangers, en particulier du Moyen Orient. Et s'ils n'étaient pas tous aussi jordaniens que le prétendent leurs passeport? Et si leurs recherches ne portaient pas sur un nouvel engrais?

Du côté de la capitale, l'héroïne (bien malgré elle) est une analyste de la CIA qui soupçonne Saddam Hussein de ne pas utiliser l'argent du programme "Food for oil" de manière très catholique. Or, ses soupçons sont très mal vus par un influent membre des affaires étrangères, qui va tout faire pour lui pourrir la vie. Pendant que d'autres la poussent à approfondir ses enquêtes malgré les restrictions. Elle finit donc en jambon fort malheureux dans le sandwich des luttes intestines du gouvernement américain.

Je crois que l'idée du livre était de montrer comment des gens relativement ordinaires pouvaient se trouver mêlés à des événements de portée internationale, comment des complots redoutables pouvaient se tramer aussi dans le fin fond du Midwest. Le problème est qu'à force d'avoir des personnages ordinaires même dans des situations qui sortent progressivement de l'ordinaire, je me suis ennuyé. L'intrigue n'est pas mauvaise, mais elle se déroule bien trop lentement à mon goût. Et encore, Cobweb est court pour un Stephenson, avec environ 400 pages! Peut-être ce livre est-il plus intéressant pour des Américains, qui découvriraient certains aspects de leur administration. Je ne sais pas trop.

J'ai fini par être pris dans les dernières pages, mais j'ai bien failli renoncer avant. Je ne vous recommande pas cette lecture, même si vous êtes des inconditionnels de Stephenson.