Chien du Heaume

Posté le 12.11.2013

Chien du Heaume est le premier roman de Justine Niogret. Le moins que l'on puisse dire est qu'il ne laisse pas indifférent.

L'histoire se déroule au Haut Moyen Âge. S'il y a des éléments fantastiques, ils ne représentent rien de plus que ce qu'il pouvait y avoir dans l'imaginaire des gens de l'époque. Je ne parlerais donc pas de médiéval-fantastique, même si le livre visait certainement ce public plutôt que les médiévistes acharnés.

Or donc, Chien du Heaume est une mercenaire, une vraie, une dure, qui a roulé sa bosse sur d'innombrables champs de bataille, qui a tué et étripé plus de gens que sa mémoire ne peut contenir. Mais, justement, dans sa mémoire, il manque un truc: son vrai nom. Seule depuis ses douze ans, on ne l'a jamais appelée autrement que "Chien du Heaume" ou juste "Chien". Elle sait que son père était un Norois (c'est-à-dire un Viking, mais sans le côté invasion) et c'est tout. Quand elle n'est pas en pleine guerre, elle erre de village en village ou active ses contacts parmi les autres mercenaires pour tenter de retrouver la trace de son passé.

Et là-dessus, Chien du heaume le tira par les cheveux, lui coucha la face sur la table et lui décolla la tête d'un coup de hache.

Chien du Heaume est un roman sombre et dur. On ne rigole pas au Haut Moyen Âge, surtout pas quand on est mercenaire. La vie est dure, même quand on parvient parfois à profiter de la protection d'un seigneur, comme cela arrive à Chien. Le monde ne vous laisse pas longtemps tranquille. Toutefois, les batailles ne sont pas vraiment présentes dans le livre. On découvre plutôt des brutes qui se cherchent sous leur carapace. La guerre permanente ne peut pas être un but en soi, les principaux protagonistes du livre cherchent leur mission, leur raison de vivre, leur amour. Chien du Heaume est ainsi un étrange mélange de violence et d'introspection.

Il semblerait qu'il y ait un deuxième tome, intitulé Mordre le Bouclier. Je suis curieux de le lire, car j'ai vraiment bien aimé ce roman, qui se lit, par ailleurs, très bien tout seul, pour autant que l'on aime les fins ouvertes. Je vous recommande de tenter l'expérience (surtout qu'elle ne pèse que 200 pages). Et ne manquez pas les notes qui suivent le roman, l'auteure y révèle un autre visage.