Brasyl

Posté le 13.09.2015

Brasyl est un roman de Ian McDonald qui se déroule au Brésil, comme son nom peut le laisser penser. Et qui n'a rien à voir avec le Brazil de Terry Gilliam. Voilà pour les préliminaires.

Brasyl est composé de trois trames. La première se déroule en 2006 et met en scène Maria Hoffmann, productrice de télé-réalité trash, toujours à courir après ses rêves de gloire. Agitée et battante, c'est aussi une féroce pratiquante de capoiera. La seconde trame se situe en 2032. Dans une univers très cyberpunk (haute technologie et société déprimante), nous suivons la trajectoire d'Edson, magouilleur en tout genre, qui tombe amoureux d'une spécialiste des ordinateurs quantiques. Enfin, la troisième trame nous ramène en 1732, sur les traces de Luis Quinn, prêtre jésuite envoyé par la "maison mère" pour remettre de l'ordre dans certaines paroisses éloignées où les émissaires semblent se livrer à des activités peu catholiques (dans tous les sens du terme).

Ces trois histoires parallèles sont très intéressantes, avec des personnages détaillés auquel on s'attache. On se demande pendant longtemps comment elles vont finir par se rejoindre. Et c'est un là que le bât blesse. Oh, la jonction se fait de manière tout à fait correcte. Ian McDonald est un grand conteur, il sait ce qu'il fait. La convergence entre drogues hallucinogènes et qubits est loin d'être sans intérêt. Sauf que, une fois la dernière page tournée, on demande quel rapport il y avait vraiment entre les trois protagonistes principaux et la résolution finale de l'intrigue. J'ai eu le sentiment que cela aurait pu être n'importe qui (à l'exception peut-être du prêtre jésuite, qui s'inscrit plus logiquement dans la trame globale au vu de ses aventures).

Hormis cette réserve, Brasyl est un bon bouquin, accrocheur, qui offre une plongée vibrante dans la culture brésilienne, et la vie de Rio de Janeiro en particulier. Je lui ai quand même préféré River of Gods, où j'ai moins trouvé ce décrochage entre personnages et histoire, et peut-être aussi car la culture indienne me parle plus que la brésilienne.