Béton armé

Posté le 31.03.2016

Je ne suis pas sûr que Philippe Rahmy apprécie d'être défini essentiellement par la condition qui l'affecte (la maladie des os de verre), mais cette dernière est très présente, voire même centrale, dans son roman, Béton armé. C'est justement à cause de ce problème de santé que Rahmy n'a pendant longtemps pas voyagé. Une telle entreprise était beaucoup trop risquée.

Puis, son état s'est amélioré et voilà Rahmy qui répond à une invitation de l'association des écrivains de Shanghai. Plus qu'un voyage, une véritable aventure, une forme de libération, un oiseau sortant enfin de sa cage.

Philippe Rahmy n'a aucun instinct pour le tourisme. Il veut surtout se nourrir de ce qu'il découvre et nous livre ainsi Shanghai à travers des impressions, des ressentis, une toile impressionniste autant qu'intime. Rahmy se raconte aussi, son enfance, sa souffrance de fractures perpétuelles. Il tresse des parallèles entre la mégapole chinoise, géante mais branlante, et sa propre condition.

J'ai fini ce livre avec des impressions mitigées. Le style de Rahmy m'a paru parfois très éthéré, les descriptions trop abstraites, et j'ai un peu décroché. Par contre, les parties autobiographiques sont très marquantes par la franchise avec laquelle l'auteur se livre, au point de m'être parfois senti gêné. Néanmoins, c'est très beau et très touchant, et cela donne à cet ouvrage une toute autre dimension qu'un simple récit de voyage.