Automated Alice

Posté le 15.10.2006

Rien de tel que d'être malade pour avancer dans ses lectures. Vendredi matin, je me suis réveillé avec le même mal de tête qui me hantait depuis la veille au soir et qui n'avait pas faibli de toute la nuit, malgré des prises répétées d'aspirine. Ceci étant très inhabituel chez moi, j'ai préféré consulter et me suis donc rendu à la permanence du coin (le GMO, pour les intimes). Les médecins sont très nerveux dès qu'il s'agit de douleurs au cerveau et la doctoresse de garde (après une longue attente et un examen sous toutes les coutures) a décidé de m'envoyer aux urgences de l'hôpital cantonal, dans le but de faire un scanner, pour détecter s'il s'agissait d'une "sinusite sphéroïdale" (c'est mignon, hein?) ou, éventuellement, d'une méningite.

Me voilà donc au service des urgences des HUG, admis en degré 2, ce qui n'avait rien de rassurant (je ne me souviens pas de la définition exacte, mais ça implique quelque chose du genre "dégradation possible des fonctions vitales). Déjà que le specte du scanner m'avait fait pas mal gamberger!

Avec toutes les attentes et les différents tests (même si le scanner m'a finalement été épargné), j'ai largement eu le temps de commencer et de finir Automated Alice de Jeff Noon. Noon est un écrivain anglais assez peu profilique, mais extrêmement original. J'avais découvert son premier livre, Vurt, il y a des années et en avait été enchanté. Parfois difficile à lire, ce n'en était pas moins une exploration très originale du monde cyberpunk, avec de vrais idées dedans. Il a continué dans cette veine avec Pollen, Nymphomation et le recueil de nouvelles, Pixel Juice.

Automated Alice ne s'inscrit pas dans la même veine. C'est un hommage à Lewis Caroll, sous forme d'un nouveau chapitre des aventures d'Alice au Pays des Merveilles et De l'autre Côté du Miroir. Ce coup-ci, Alice s'enfile dans le morbier qui trône dans le salon de sa grand-tante et se retrouve projetée en 1998, à Manchester. Sa première rencontre est avec une termite qui sert à faire des calculs compliqués, une computermite. Les computer mounds permettent de fournir des réponses à des questions complexes grâce à leur utilisation du système de beanery, selon lequel un haricot (bean) est soit présent, soit absent (contrairement aux radis, d'ailleurs, qui, à cause des particules de chrownons peuvent être dans un état indéterminé).

Voilà un vague aperçu des délires dans lesquels Jeff Noon se lance tout au long du livre. Non seulement son style est fidèle à celui de Lewis Caroll, mais ses idées farfelues sont aussi tout à fait dans le même genre, de même que sa capacité à jouer sur les mots. Une lecture plaisante, mais sans doute plutôt réservée à ceux qui ont lu et apprécié Alice au Pays des Merveilles.

Et je n'ai donc rien de plus grave, apparemment, que des séquelles de ma grippe récente, mais il reste encore deux mois pour passer Noël au scanner :-).