Archange

Posté le 04.10.2007

Je me suis lancé dans ce livre sur les recommandations d'un voisin. J'aime bien lire un roman d'espionnage de temps en temps, mais je n'en abuse pas, car je trouve qu'ils ont un peu tous tendance à se ressembler. Mais en fait, il ne s'agit pas vraiment d'un roman d'espionnage. L'histoire est celle d'un historien anglais, spécialiste de l'Union Soviétique, qui se rend en Russie pour un congrès sur Staline. Le voyage qui s'annonce ennuyeux va très vite déraper et l'historien se retrouve à pourchasser un héritage perdu de Staline (pour rester général). Ceci va, évidemment, lui attirer des problèmes sans fin.

Ce n'est donc pas un roman d'espionnage, dans la mesure où le héros est un professeur d'histoire qui n'a rien d'un Indiana Jones. Ici, pas de gros bras, pas d'espions rusés, juste des gens qui suivent des pistes et des impulsions et qui se retrouvent, assez logiquement, dans la m... Les prémices du livre sont assez intéressantes, mais j'ai trouvé le rythme trop lent à mon goût. La nature de l'héritage de Staline est plutôt décevante (vous remarquez les efforts que je fais pour ne rien révéler :-)). La trame est assez éculée. Ceci étant, l'auteur amène quand même une conclusion passablement satisfaisante et cohérente.

Bref, ce n'est pas un mauvais livre, mais je l'ai trouvé trop long et pas assez original. Si certains propos étaient intéressants, ça ne m'a pas suffi et je ne pense pas que je lirai d'autres ouvrages de Robert Harris.

En fait, le plus intéressant sont encore les réflexions du héros (et qui sont sans doute celles de l'auteur) sur Staline. Ce dernier a tué encore plus de gens qu'Hitler, mais n'a jamais été jugé pour autant. Qui plus est, la vaste majorité des personnes assassinées sur les ordres de Staline étaient ses concitoyens. L'auteur cite une estimation selon laquelle, sans les massacres de Staline, la Russie seraient deux fois plus peuplée à l'heure actuelle. Il n'y pas eu d'équivalent du procès de Nuremberg en Russie, ni de Commission de Conciliation, comme en Afrique du Sud. En fait, Staline est toujours un héros pour une bonne partie des Russes, et ses photos sont vendues partout, en toute liberté. Il trouve donc que Staline apparaît comme l'homme le plus dangereux du 20ème siècle, plutôt que Hitler. Ses propos sont assez convaincants...