Altered Carbon

Posté le 05.11.2012

La science-fiction anglo-saxonne me semble dominée par les Grands-Bretons en ce moment. En tout cas, Richard Morgan ne dépareille pas dans la constellation britannique. Avec Altered Carbon, il livre une SF moderne et dynamique, clairement influencée par le cyberpunk, mais qui s'étend sur un théâtre interstellaire.

L'univers d'Altered Carbon est vraiment intéressant. Les voyages entre les systèmes solaires sont lents, subluminiques. Par contre, les transmissions, elles, sont hyperluminiques. De plus, on peut digitaliser des êtres humains entiers et les transmettre, moyennant de leur fournir un corps à l'arrivée. Ainsi, les gens qui en ont les moyens peuvent passer de planète en planète, changeant de corps à chaque fois. Les plus riches peuvent même se payer des copies conformes de leur corps et des sauvegardes régulières de leur personnalité, en plusieurs exemplaires. L'immortalité est devenue réalité. D'ailleurs, ces personnes, appelée Mathusalems, remplacent les corporations dans le rôle du grand méchant de la cosmogonie cyberpunk.

"It was the single forgiving phrase in the syntax of weaponry I had wrapped around me. The rest were unequivocal sentences of death." 

Il y aurait encore beaucoup à dire sur l'univers très riche et très convaincant dépeint par Richard Morgan. J'ai totalement pris mon pied à la lecture d'Altered Carbon. Je vais décidément lire d'autres livres de Morgan, surtout ceux se situant dans le même univers. Pour parler quand même de l'histoire, disons qu'il s'agit pour un homme issu d'un corps d'élite de démêler une intrigue tournant autour de la rivalité entre deux Mathusalems. Tout son entraînement ne suffira pas pour lutter contre des forces pareilles, même s'il arrive à se venger d'être manipulé à la fin de l'histoire (et c'est la réussite de cette vengeance qui constitue peut-être le point le plus faible de la narration à mon avis, mais bon, ça évite au livre d'être trop glauque).

Ca pourrait être moins violent à mon goût. Je trouve que l'auteur se complaît un peu trop dans la torture et la violence sexuelle. J'en relirai quand même.