A Portland tourne la page

Posté le 25.08.2015

Après A Vancouver tourne à gauche et En Oregon tourne en rond, ce livre présente le troisième et dernier tome des aventures autobiographico-fictives du Pourquoi Pas?. J’ai replongé dans cette série comme on retrouve un vieil ami (l’auteur étant effectivement un ami, mais vous voyez ce que je veux dire): la joie des retrouvailles et le plaisir de découvrir ce qu’il est devenu depuis la dernière fois.

Or donc, le narrateur décide de s’arrêter un moment à Portland, dans cette région qui lui convient si bien, trouver un petit job, poser ses bagages et prendre le temps de réfléchir. Il se rend compte que son constant voyage ne le rapproche pas de cette compréhension de lui-même qu’il recherche. Ne serait-ce même pas plutôt une forme de fuite?

Cela ne veut pas dire que ce tome est exempt de voyages, mais ce sont plutôt des excursions, dans différents coins de l’Oregon. Qu’importe la distance, car le rêve est là, amené plus par la beauté des instants que vit le narrateur que par la beauté des paysages. Ainsi, cette visite à Oregon Cave, dans le noir, avec méditation et chanson, un grand moment de communion. Ou ce moment partagé entre aigle et cerfs-volants.

Ce troisième tome est un vrai cheminement intérieur. Il est d’ailleurs découpé en trois parties aux noms significatifs: Apprendre, Comprendre et Accepter. Outre les lieux, on y retrouve ce qui fait tout le charme de cette trilogie: les belles rencontres, les discussions profondes, les réflexions humaines et touchantes, l’humour, l’amour et la bonne cuisine. On ne peut souhaiter mieux pour se sentir bien. La série du Pourquoi Pas? est une petite chaufferette qui fait du bien au coeur.

N’allez pas croire qu’il n’y a pas de moments tragiques. Au contraire, ce tome en contient plus que les autres et pas des moindres. A leur manière, ce sont aussi de beaux passages, des occasions d’apprendre, de comprendre et d’accepter. Justement.

Mon seul petit reproche tient à la police de caractères. J’étais enthousiaste à l’époque d’A Vancouver tourne à gauche. Ma vue ayant baissé entre-temps, je me suis trouvé contraint de m’assurer une bonne lumière pour poursuivre ma lecture. Comme quoi, il y a une raison aux choix de polices classiques ;-)

Et au fait, Séb, t’es toujours pas venu à Genève.