Watchmen

Posté le 23.02.2013

Nous sommes en 1985. L'affaire du Watergate a fait un pétard mouillé, Nixon est toujours président des Etats-Unis. La guerre froide s'étire elle aussi. Les Etats-Unis ont pris un avantage décisif avec l'apparition du premier super-héros, le Docteur Manhattan. Scientifique revenu à la vie après avoir été littéralement atomisé par des radiations de niveau cosmique, le Dr Manhattan peut jouer avec les atomes et manipuler les quatre dimensions. L'Union Soviétique fait profil bas jusqu'à ce que Manhattan fasse une crise existentielle et s'exile sur Mars. L'armée rouge pénètre alors en Afghanistan, puis au Pakistan, pour se masser enfin à la frontière est-allemande. Le monde est au bord de l'apocalypse nucléaire.

Pendant ce temps, les vengeurs masqués, pâles copies de super-héros ridiculisés par la puissance de Manhattan disparaissent un à un. Tous se sont rangés après l'interdiction des vengeurs masqués. Sauf Rorschach, qui va enquêter sur les morts mystérieuses des anciens héros. Et notamment sur le lien possible avec l'exil de Manhattan et l'apocalypse imminente.

Je ne suis pas un grand fan des super-héros, mais j'aime bien les bandes dessinées qui abordent le thème de manière originale, souvent par le côté obscur. Que du bonheur, donc, avec Watchmen. Cette bande dessinée a été écrite au début des années 1980. Pas encore de Gorbachev, ni de perestroika à l'époque. L'Union Soviétique était bien en Afghanistan et la guerre froide pouvait encore se réchauffer à tout instant, la crise des missiles de Cuba encore bien présente dans les mémoires de ceux qui l'avaient vécue (pas moi ;-) ).

Watchmen retranscrit bien cette tension de fin du monde, en toile de fond. Sur le devant de la scène, ce sont surtout ces vengeurs masqués qui s'agitent et se questionnent sur leurs motivations: pourquoi ont-ils fait cela à l'époque? Que cherchaient-ils? Seraient-ils prêts à se lancer à nouveau, alors que le monde vit peut-être ses dernières heures? Et surtout, qui définit et rend la justice? Les interrogations sont passionnantes et la narration d'Alan Moore est impeccable. Bien souvent, deux dialogues se superposent dans les cases, en écho l'un de l'autre. C'est remarquablement bien fait. Les chapitres sont entrecoupés d'extraits de livre ou de journaux qui complètent l'histoire. Par rapport à ce qui se fait de nos jours, le dessin paraît un peu vieilli, mais cela m'a peu gêné.

J'avais déjà lu Watchmen il y a des années avec grand plaisir. J'ai retrouvé ce plaisir intact à la relecture. Si jamais vous ne connaissiez pas, je vous recommande chaudement.