The Fixer

Posté le 18.09.2013

Lorsqu'il débarque en Bosnie pour y couvrir la guerre d'indépendance (1992-1995), Joe Sacco a besoin de contacts. Neven, ancien soldat libéré de ses obligations, cherche désespérément du travail. Pendant un certain temps, il a conduit des journalistes sur le front, une activité très lucrative. Avec la paix, ses revenus se sont étiolés. Un dessinateur de BD pas très riche, c'est toujours mieux que rien.

C'est par hasard que j'ai emprunté cette BD dans le même lot que Goražde, ce fut donc une bonne surprise. Il n'est pas du tout essentiel de lire les deux, mais elles forment ensemble un contexte plus complet. D'autant plus qu'elles sont bien différentes. Certes, on parle aussi de guerre dans The Fixer, mais plus sous la forme des aventures glorieuses (et pas forcément véridiques) de Neven et de sa bande de potes vétérans. L'action se déroule à Sarajevo et l'on découvre une ville pour partie dévastée, pour partie débordante de vie, avec ses bars branchés où les souvenirs (très frais) de la guerre ne sont pas les bienvenus. Les Sarajéviens n'aiment pas penser que la paix n'est pas encore une réalité dans les zones plus reculées de la Bosnie.

The Fixer est une bande dessinée très intéressante. Tout d'abord parce qu'elle parle de la recherche de sources et d'informations, un sujet rarement traité pour lui-même. Secundo, parce qu'elle donne vision relativement décalée de la guerre de Bosnie, vue par un vétéran pour qui c'était plutôt le bon temps. On y voit aussi comment divers seigneurs de guerre sont devenus l'armée régulière bosniaque et comment le pouvoir s'est compromis avec ce qui ressemblait plus à des groupes criminels. Ce décalage est d'autant plus fort en lisant Goražde dans la même foulée.

Je vous recommande chaudement le doublé.