Sin City

Posté le 01.06.2009

Il y a déjà pas mal d'années, j'avais jeté un coup d'oeil à Sin City chez mon libraire de BD favori. Je n'avais pas du tout croché au graphisme, quoique l'ayant quand même trouvé intriguant. Des années plus tard, je suis allé voir le film au cinéma, toujours aussi intrigué par le graphisme et alléché par les excellentes critiques. Le film m'avait beaucoup plu. Le rendu des images est vraiment original. Outre l'évidente qualité esthétique, il permet de fournir une abstraction de la violence souvent très forte des histoires.

Cela reste vrai dans la bande dessinée, dans laquelle je me suis maintenant plongée, toujours grâce aux emprunts effectués dans les bibliothèques municipales de la Ville de Genève. Sin City est un univers on ne peut plus noir. Certes, de jour, la surface paraît propre et lisse. Mais les politiciens sont corrompus et la police tout autant. La nuit venue, les bonnes gens se calfeutrent chez eux et la ville est abandonnée au crime et au vice. Les faibles et les défavorisés ont la vie courte. Les empêcheurs de tourner en rond aussi.

Les histoires sont donc violentes, avec des héros désespérés et qui finissent généralement mal. Dans Sin City, la mort est parfois un happy end. Il ne faut pas lire cette BD pour se remonter le moral. Mais quel plaisir procure l'incroyable graphisme de Frank Miller! Les images sont essentiellement en noir et blanc, avec parfois une couleur vive en sus. Le dessin est épuré à l'extrême. Tout ceci mène à une abstraction assez forte, qui rend les histoires plus supportables. Et cela en vaut la peine, car les histoires sont bien, même si elles ne sont pas gaies.

Pour l'instant, je n'ai lu que deux volumes de la série (Sin City et L'Enfer en Retour), mais je suis déjà totalement accro à son graphisme. Si vous n'avez pas encore fait l'expérience de Sin City, je ne peux que vous recommander de tenter le diable...