Pyonyang

Posté le 09.09.2012

Après Shenzhen, voici Guy Delisle dans la capitale de la Corée du Nord. On prend les mêmes et on recommence. Delisle est de nouveau en mission pour un studio d'animation, de nouveau dans un pays pas possible. Mais là où on appréciait surtout le décalage culturel avec la Chine, avec la Corée du Nord, on nage en plein surréalisme. J'avais déjà lu des articles sur ce pays, mais la vie quotidienne de Delisle pendant deux mois permet de constater plus en profondeur l'aberration complète que constitue ce pays.

Ici, tout est à la gloire du Père de la Nation (Kim Il Sung) et son successeur de fils, Kim Jong Il (encore vivant à l'époque de la BD). Des monuments grandioses, des portraits ou des statues partout, des musées entièrement dédiées à l'un ou à l'autre, des stades vides portant leur nom, etc. Partout et tout le temps, des citations, des chansons à leur gloire. A Pyonyang, il n'y a pas assez d'électricité pour assurer un éclairage public, mais les monuments officiels sont, eux, bien éclairés. Delisle loge dans un hôtel de 47 étages, dont un seul est fonctionnel, autant par manque de visiteurs que de ressources pour les faire tous fonctionner.

Autant les deux BD se ressemblent de par leur nature et leur structure narrative, autant on peut lire les deux sans aucune impression de doublon. Les deux pays sont suffisamment différents. Au contraire, même, j'ai trouvé une certaine continuité entre les deux ouvrages, et je vous encourage à lire les deux. Et dans cet ordre.