Poulet aux prunes, de Marjane Satrapi

Posté le 31.10.2009

Poulet aux prunes est une BD de Marjane Satrapi, l'auteure de Persepolis, que je pensais avoir déjà chroniqué sur ce blog, mais apparemment pas, tant pis. Tout comme Persepolis, cette histoire se déroule en Iran (après le coup d'état du shah, mais avant la révolution islamique). Par contre, elle ne met presque pas en scène Marjane Satrapi elle-même, mais un de ses oncles (si j'ai bien suivi les relations familiales).

Nasser Ali Khan est un brillant joueur de tar, un instrument de musique perse. Le livre commence alors que son instrument fétiche est cassé et qu'il en cherche désespérément un autre. Rien n'y fait, même les équivalents locaux d'un Stradivarius. Ayant perdu la capacité à faire des mélodies harmonieuses, Nasser Ali Khan décide de se laisser mourir. Cela prendra 8 jours, qui constituent autant de chapitres du livre. A coup de flashbacks, on finit par avoir une vue d'ensemble de l'histoire, en alternance avec des morceaux se passant dans la présent et des cauchemars.

Poulet aux prunes n'est donc pas un livre joyeux. C'est très introspectif. L'histoire n'est pas dénuée d'intérêt, mais je ne l'ai pas trouvé très prenante. Evidemment, venir sur les talons de Persepolis n'a rien de facile. Je pense que ce qui m'a manqué le plus est l'aspect historico-politique. Dans Persepolis, on suit certes l'histoire de l'auteure, mais on en apprend aussi beaucoup sur l'Iran et la révolution islamique, et la vie quotidienne dans ce pays. Poulet aux prunes ne mentionne que très peu la politique et s'attache essentiellement au drame personnel de Nasser Ali Khan. Du coup, j'ai trouvé l'ensemble assez léger, même si l'histoire n'est pas mauvaise.