Monsieur Mardi-Gras Descendres, d'Eric Liberge

Posté le 14.05.2011

A sa mort, une âme catholique va se retrouver soit au Paradis, soit en Enfer, soit encore au Purgatoire. Ce dernier se situe sur Pluton, endroit froid et désolé, sans doute propice à l'introspection nécessaire à la rédemption. Au niveau de Charon, satellite de Pluton, les psychopompes accueillent les nouveaux défunts et facilitent leur transit en les soulageant de tous leurs biens matériels (psychopompe, ça paye).

Le Purgatoire est une grosse machine administrative. A peine arrivé, le défunt reçoit la visite du facteur, qui lui apporte ses documents administratifs et, surtout, lui annonce son nouveau patronyme, basé sur les jours de calendrier proches de sa mort. Ensuite, il n'y a plus qu'à s'ennuyer. Il n'y a rien à faire au purgatoire. Alors, la plupart des défunts passent leur temps à se bourrer la tronche à coup de mercure, benzène et autres saloperies provenant également de la Terre.

Au-dessus de la mêlée règne une église défendant avec acharnement un quelconque dogme. Une société secrète lutte contre cela. Ca occupe ceux qui ne passent pas leur temps à écluser des liquides toxiques.

Mardi-Gras Descendres, lui, ne va pas accepter cette condition. Il s'agite, se révolte, explore la face cachée du Purgatoire à grandes doses de café, substance hallucinogène rarissime de ce côté de la mort.

Cette bande dessinée est franchement étrange. Le thème est plutôt morbide, accompagné par un dessin magnifique, mais très sombre. L'histoire est intéressante, entre rédemption et réflexions théologiques, parfois un poil longuette, mais les dessins font passer le tout aisément. Les squelettes parlent tous avec un argot des années 20-30 (à vue de pif; je ne suis pas spécialiste), ce qui crée un décalage assez amusant. L'univers est bien conçu, c'est une lecture qui en vaut le détour.