Les rois vagabonds

Posté le 27.08.2013

Depuis que j'ai lu Gaza 1956, je suis tombé dans la BD documentaire. Je n'en lis pas si souvent que ça, mais j'aime vraiment bien ce genre. Les rois vagabonds, de James Vance (dessins de Dan Burr), se déroule en 1932 et traite des hobos. Pour être précis, il s'agit plutôt d'une fiction documentaire. L'ouvrage est très bien renseigné, mais les personnages et les situations sont imaginaires.

Aux Etats-Unis, "hobo" désigne un travailleur migrant, qui parcours le pays de long en large à la recherche de boulot. C'est ce qui fait la différence avec les mendiants. En lisant cette BD, on peut s'y tromper, car il faut dire que 1932 représente le pic de la grande dépression. Le nombre de hobos est particulièrement important et les boulots sont rares. Les hobos errent donc, avec peu d'espoir de décrocher un job.

Le héros de l'histoire est un personnage secondaire d'une pièce de théâtre écrite par James Vance des années auparavant. Il explique avoir toujours voulu reprendre ce personnage dans une autre oeuvre. Il pensait d'abord explorer ce qu'il était devenu, puis a fini par se pencher sur son passé, en l'occurrence celui d'un ado pris dans la tourmente, qui fugue et se retrouve hobo un peu malgré lui.

Les rois vagabonds est une bonne BD. Par contre, elle ne fait pas rire. Le climat social est très dur en ces années-là et la vie d'un hobo ne tient qu'à un fil. Un vagabond mort passe inaperçu, la police n'enquêtera jamais. Qui plus est, sans être encore dans l'ère du maccarthysme, tout ce qui ressemble à un ouvrier qui ne travaille pas (assez) est soupçonné d'être un dangereux communiste. La BD est suivie par quelques pages d'annexes documentaires très intéressantes.